‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 4 sur 70 · SUR X.A VIE DE EULHIÀRE. XVII · texte numérisé non relu

SUR X.A VIE DE EULHIÀRE. XVII

ËH^e nouveUe; les catholiques « renfermés dans les bomesprescrites par la charité évangélique, n>aS' sent pins persécuté; les calvinistes , trop peu nombreux ou trop éclairés f n'eussent point abusé de la faveur du prince; Tesprit d'indépendance qu^ls avaient puisé dans leur doctrine eût influé sur la politique; la monarchie serait devenue plus puissante en devenant moins absolue ; la liberté du peuple eût assuré les légitimes prérogatives du monarque ; le règne de Louis XIU n'eût point été tristement célèbre par des séditions fatales , par des guerres intestines / par Thorrible emploi du sang français , pour accabler des Français; Henri n'étant point contrarié par Tintérêt théologique , eût pu donner Tessor à son âme généreuse , à sa politique

libérale; il eût pu recevoir ds^iisses états ces Maures infortunés que Fintolérance forçait de quitter l'Espagne ; notre population eût gagné trois millions d'hommes laborieux; Louis XIV eût été aussi grand dans ses beaux jours , et l'intolérance n*eût point profité de. son déclin pour conspirer contre son peuple et contre sa gloire. Ebloui par les premiers essais d'un règne plus heureux que sage , Louis se crut involnérsMe aux coups deb mauvaise forlune ; il subjugua les Hollandais, ii fit trembler l'Allemagne , il humilia la maison d'Autriche ; on l'admira : il protégea les arts , il distîiigtia .Racine , il soutint Molière contre nue cabale puissante ; on r4i4mira , et on devait l'admirer : il révoqua l'édit &f N;aiites , et on célâ»ra cett« funeste révocation :

XVm NOTICE mSTOBIQTFE

il perséeuta les vertueux solitaires de Pert-Royal , et cette persécation eut des apologistes : il rava|;ea l'Europe pour mettre un de ses enfants sur le trftoe d'Espagne; on le plaignit dans ses disgrâces , et Ton célébra sa constance : il mourut , et le tombeau qui devait le recevoir était déjà entouré diurnes fnné* raires : il avait survécu aux soutiens de sa famille f et rhabitude de la flatterie le fit encore louer sur sa tombe.

Ce qui attache principalenlent dans Touvrage de Ruibière, ce qui attendrit même sur le sort des rois, e^est de voir par condbien d*artîfices Louis XIV feâ amené à des actes dlnjustice et de violence qui n^étalent pas dansson caractère. Lui seul ignorait ce qui s^exécntait en son nom ; et sa réputation commençait à se flétrir , avant que ce prince pât soupçonner Tabns qu'on faisait de son pouvoir.

Cette importante leçon donnée à tons les souive* rains, et d'heureux développements , des vues fines qui s'allient souvent à des vues profonde», des rap* prochements inattendus et bien saisis ; voilà ce qui a fait le succès de cet ouvrage, voilà ce qui frappa tons les lecteur».

Ce morceau historique est traité avec Fitapar* tialité que doit apporter , dans de semblables matières, un homme qui respecte les cultes, comme bb moyen d'élever les âmes à la Divinité , d'ennoblir l'existence humaine ; maïs qui déteste les persécutions , qui croit que les idée^reKgîécises ne-peuvent reprendre leur touchant empire que lorsqu'elles

SUR tk ntL tit HtlI^fiiÈRE. XiX

éiiràîettt C€sttë d^ i^rVir d^blktient ^AiiiL pàssièli^ Àr-^ mortes ào repoi de )â 5oei^té.

C'est par ^tteor qnt ^tfrf<|ifres ]^^»!ï«ttës ont avâneé qttc Ririhîère avait en le titre d'historiographe ides alfeîf es ftr angèrei ; il ne phetiaft lirf-»kneine , dans les mérnôiires qti'il préseâtdH atH itiihîslère, que la qnalfté d'crti ployé sur Tftat en dëpartement des affaires Arangèfes , dans- là t\às^ des étTÎVaîm iwHtîqiTes ; Il tWrrhàfft à ce tître , de^ pois ï 77 1 ,line pensioïi de 6aooîîv.,'qhî tiiî ftft payée josqu'à sa mort. Monsieur ravaît nommé seeré-^ tàfîre de les Commandements, et II avdft reçtt !à croix de Satnt-Louîs en 1775. On avait voûta lirf tionner, dès 1 7^, une mission secrète en Pologne; mais ce fut Btmïoûrrez qai en fot chargé deux ans pins tard.

Occupé à fonîfter les cotTespondanccs poHlt-* qu€^ , à rassembler, à apprécier des inatërlaux presqu'e sans nombre , s^ai^rélant mt chaque détail, afin d'en sentir et d'en accroître fîhtérét ; if Interrogeait )es témoins, comparaît fèurs témoignages, et n*écrîvaît que lorsrqu'îï croyaît avoir démêlé la vérité au travers de tant dé rëchs contradietoireà. Il poursuivait depuis huit ans cette laborieuse carrière, !orsqu*ît fit en 177^, de son propre mouvement , un i^oyage en Pologne, pour aller chercher des renseignements plus imm^d^ts sur les faîfe qu'il ne croyait pas assez hîeo connaître.

£n moins d'un an, il vîsitii î^têsdej Varsovie, Vienne et Berlin, Peu d'historiens ont su remplir

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