DISCUSSION. CXXI
n valait mieux, dit-on , seconder ou ne pas traverser les projets des princes Czartoryski ; ces seigneurs auraient rétabli en Pologne , sur de meilleures bases , un gouvernement indépendant. Mais en supposant même qoe leur plan fût très-sagement conçu , ce qu*il serait fort permis de contester, il suffisait que la Russie dût y concourir, pour qu'on n'en pût espérer aucun effet salutaire. La politique de la cour de Pétersbourg était d'encourager tous les projets de réforme , et de se ménager , en y pre^ nant part, les moyens d'en recueillir pour elle seule tous les profits.
Dans l'état déplorable où la Pologne se voyait réduite en 1764, il ne restait', pour son salut', qu'une seule chance qui n'est point arrivée , et qu'il était difficile d'obtenir ou de rencontrer. C'eût été l'élection d'un roî , homme de génie, capable de secouer le joug des Russes et d'exercer un grand ascendant sur ses sujets. Hors de cette hypothèse; les malheurs étaient infaillibles, la France pouvait bien secourir les Polonais , elle ne pioùvait plus les sauver; et lorsqu'elle dirigeait ses efforts contre les entreprises du cabinet de Pétersbourg, elle faisait eneote ce qit'il y avait à faire dé plus utile pour elle-même et pour l'Europe, de plus juste et de moins pernicieux pour la Pologne.
Cependant rien n'était plus aisé que de présenter, sous un jour défavorable , le systètne du gouvernèmeiit français; Jil n'y avait qu'à dire:
L'anarchie règne en Pologtie , et la France
s'qli^î^e ^ y p^ppét^^ F^^rfiliie. %^ fiitrwfi veto
la France pirëtiK>4 m#î»*epîr te iiàfnsm V^' Les
y^pilà ce çfii ^ ii}it ^n «sfbl, ^ fie qq'q» «»»t
ao^rchîqqe 4^ P^poMft , pfi Veo Afebrfî le 4tfe«r-
Lui qui appelle la loi de runanifipM pae ib/ /i>/^, ^jt qi^ à'GftuBi f^9, »lipp|iHmpl rifii^^e ce
&usfti0 , à Ja Pi^qssie , 4'avvîr j^ifidieiiieiit spfHeau (Cette imtkutioii m 1 763 1 ipfû^ vfsot iqo'il âpU le PJir* if^]^ 1^ pjhA» «élé da liberum p/BtQ,
Eafi^ lui qpi f ep Fr#nte , a d^n^v |^s 4Foîjta des AW-^tlMoliq^i^ , fm U rqpré^enjbB cpi^agne iipi 4p4M^ ^ J'jipi^biMlra^^ fit d^ If 4o4rpa? 4^ liglieii»i-
U iest hku VMÎ qae si, €»I7P7, le^ pnaUsstaiito £w9^s a¥i|i#iiit ^ppU ^ kii^ f ^ )^ &nsQÎ^ mk f^iiglel^iir^^ Visibervastiw 4^ m poifi«aw imrail %î ^îw 9^ pe pi^nt ficç/^cer ^ \ml l'î^cie de Iwstji:^ qu'^ i^]am^i^ : ^y ,tel étaU , noop^e personne ne peui Viff^eir^ |e 4P^ dfl^ ^p^^^A^
j^oMiii^e ne ^ 4éçl#pe 4^b^ 91 ^mi^ ^^mre V^ , ni pour jft fi^$nm V^s H» W» Tîn^l^aiiçe, mais contfse le despo)iJî»me de la ^j&êsm* Voilà tout
Aon système » et il est permis àe UouTer ce sy^c^e asscsE (daosible, âat-|oi|t d^pMÎs i^pie les év^nemeots Tout ÎQsti&é.
Cependant M- I>upo&t «putieiit qu'après U 4ëmemhreniieal 4e 1772^ les Polwais ont obteou mue trèfr-jhonae coastitotioa politif ue , 4ofijt leiv* roi «e félicitait «a 1 789 ,041 2 790 ^etè, éoriv^nt à un akeSBbre de rjeseaablée coostituaole. S'il ^ est ai w 9 nom oe sauriAQStrop plaindre les trois perts de la Fûjogos^ qui , envahies par les trois pu^ sauces jpr^iectiic/Qs , ont été frustrées d'un ai précieux Jbieofait^ Mais .lorsqu'on enyisage y duras t ks yjw^ aro»écg 'Sajyantes t les destinées de la ^uatrièm^ partie de ce iK>ya«mB« de iretle partie si liabâktaMit^eemlitiilée, 'On est biw fente de cc^re ^'«{le (Ht en -effet la pins n^hraitée, ta fins maiheureuse* Vingt années d'agonie fOUit f^éiié les copifKdsions lionalïlf;^ au milieu d^s^ui^ka nous avoiis vfk^txflixft ^.m i ^si f 'WK^ t^ftMitgJ^ qui , vm» la fin du di^sqpijànie ^1^« ^ay^it sa^vé raïupJM jantridiien.
La constitution donnée aux Polonais ei^ 1773 excliaait les^dissidenls >du conaeUfSuprâniê d'iadministratian : elle refait ^que la coi^^^jq^-pou^nubei;ait d'^tse éjbctj^e ; ,€^ 4gi»ûrtf)fiafc> <en flAsiewçs i:a^ 4'isisa^ 4n iik^u» v^ta^ Je ^'«ajbtfîypdi^ 4e discuter t<;es .trois fdiîisposiiion^ ; je Jue rafpell^iai jKwat If» wtxçSff uoQ plus 4pe Iq^ opaodi&Q^Ws 4|ue .ce '«ode >a ^ttA<;ei>«i v<eno^ ^idnes : j^écantCF^Âi comme .tout^à-sbii étrangères à TAuvrage de ^Rn-
CXXYI DISCUSSION.
« Ik se raiUaieQt cAtte eex de leur «Tilissefiieiit » nnitaeL »
« On n^avait point de ohefii potir se défendre , on » cberchéit des modides pour se conduire. »
« Cbacm» ¥Ît aTec )oie ses propices sMitimeats de^ » venus pubttcs. »
Je fratâcriraîs peot-ltte on qmirl de i'ovnrr^e, si î'enlreprenakd'en extraire tontes Jea» phrases qai ^nt a^Asî écartes cpie œUes que \e nens de ctCer, et qak , eoaiii» ^les, se détâchent: des aoties, non-^ tsej^mentpm' la ponctuation, naats par la «ontextitre iDéme du discours. Il en est dont l'éner^e n'esst pleineroei»t semiUe qn'entr« I^ périades dont «lies talerronipeat la suite^ Qnciqnes^^ines aiwî n'ont d'aotre mérite ^gm d'eiprivaer, tnmt vie pr^sîon rapide , cortsii^s détaîb liîstatiqiies pen susceptibles d'un plus ricbe omemnit B^ihiièfe sait trop bien son art,, pour »e*p9s laisser à ^es détails leur siflBplicité (naturelle , et pour ^affaiblir lïutérêt qu'ils ont, en s'efForçant de J^ur donner, par les formes du style | une importance et un ^lat qu'ils ne peuvent avoir. II dit donc , par ^çipple :
« Biren se logea sur cette même place , dans I» quelques maisons louées pour lui et your sa fait mille. »
« n '(Radziwîl) possédait cinq millions de re- » venus , plusieurs forteresses , et entretenait plus » de SIX mille soldats. »
<c On fut étdnné de ce délai, beaucoup plus long » qu'on ne l'avait demandé ; » ete.
DISCUSSION» CXXVU
Mais te qu'il importe d'observer^ c'est que^ dans les t>}ia'ascs courtes comine dans les plus longes I Tûtiteur varie sans cesse le ton , le rhytfaiiie» las cotistnittVGiiis ^ les monvemenlB. Le jury eh a fiiit la retnarq^œ^ et celte iwkaali^^ Tuoe des pfas diffitilisi à mériter, n'est en effet ao^ordëe qu'à Ru* IhièiHs mai eutrè tes historiens menti^ànés dans le rieippori isar les prix décennaux : le Jury h rèfbse T&kn^ ekpfessément aux trd» autres ourrà^ que ses coneliMttom rappellent et dtstinguent. U y « des livi^s 'êà là plutjiani des j^hinscB ressemUeiit fixjtê qu ttibiïfS , A l'M mé psrilaet <ctitte eompttraislMi , à une suitede conplels Mt kmèaasMr; ift oe n'est jpas sans quielqne dfott ipi'«n écriv^ain se tient en fardé eénisre ee défaift $ car i'iespl^it ^e s'kabitùç quel trçp aisémitiit a unmâme genre de ptoeédés» le sty;le ^ok mêmes fistnaes , l'oreille swx wÉnus nombres s filais iMsquW lisant BAUiière <oil pmit se détaehsr assei de l'intéE^ ^ n»fond deachoscë pour n'nfasenrelr queia Mructnre dndiicMra» ^ûii est f9i^^im%êrtf^ de la lidie vaf iété des mêfokm i|Bi eono^wraat h rtaxttionief énétnlô. Apifb cek^ {'«vaneinti ^jfue soii srylé «ait ^^iibatrenaeaEt ^périèdiqûe^ c'^M-shdire ttfl qa'H devaiÉ'élref OUF teprésentar far l'ieMiat* ntiiient des «elprettaens, & liaison des «dées , ycmt ittyiptoeinr 4t dfvelspper im rircM^Moes d^ ^MifliÀ ivénements^ et po«r aansdnFor â l'Itistam sa iH^ftâfience «t sa diguité. L'auteiW <i9^fcildMt cgafait l'cnn^hàse mn&am fins que Je mlt^reur; il é^it^ la prufiiiilé autant (fit la radesse an k ano^
cxxviH Discussion.
notonié; et sa précisioa, souvent. énergique ^ n'entraîne , ce me semble, aucune obscurité. II obtient toujours Tatteniion , parce qu'il ne l'exige jamais • et de tous les ouvrages admis à concpurir pour le prix d'histoire , c'est celui qui est lé plus àla portée de tous. les lecteurs, préci^ment parce que c^est celui qui a été composé avec Fart le plus profond. D'une part, l'on dit que Rulhière écrit avec une partialité véhémente; de l'autre , on compte la véhémence parmi les caractères qui manquent, à son style. Peut-être cette qualité n'est-elle point en effet la plus nécessaire au style d'un historien ; pu du moins peut-être ne convient-elle qu'aux discours des personnages qu'il met en scène : or , . dans ces occasions, le style de Rulhière s'élève, selon le jury, au ton de l'éloquence; et il me semble que lorsqu'on est éloquent , on a bien assez de véhémence. Quoi qu'il en soit, les harangues répandues dans VHistoire de l'anarchie de Pologne ont été critiquées comme déplacées et ne convenant point du tout à nos mœurs modernes. Il y a , sans contredit, de très-grandes parties d'histoire moderne, qui' n'admettraient point ce genre d'ornement; et quand les personnages n'ont prononcé aucun jdiscoui^s, quand ils n'ont pas. eu même Toccasion .d'en faire entendre , l'historien est pour le moins, dispensé de nous haranguer en leur. nom. Mais, s'il trace le tableau d'une diète, d'ime. assemblée publique oùles discours sont aussi des faits , qpaelque- * fois même les seuls faits , pourquoi devrait-il ton-