CXLVIII DISCUSSION
de se réunir ; de prendre comme elle le titre de diète et de confédération ; de déclamer contre elle; de Faccuser de tyrannie; d^ opposer à ses lois d'anti*es lois; et d^appuyer ces demièires d'une petite force nationale soutenue par la force plus éner^que de quelque puissance étrangère. U y en avait beaucoup d'exemples: un des plus remarquables, avait été celui de la seconde élection du roi Stanislas Leczinski.
La diète générale, même confédérée ^ finissait toujours par obéir au simulacre, de diète , qui' avait pour elle Tarmée de quelque prince voisin ; parce que la vaillante noblesse, qui formait la diète et la confédération à son appui, n'ayant ni discipline ni argent , ne pouvait faire tête à des troupes réglées.
Trop faibles vis-à-vis de l'étranger, et se réservant d'en implorer le secours, les magnats s'étourdissaient sur ce malheur, en levant des troupes qu'on appelait de famille. Les princes Radziwil ont entretenu jusqu'à huit mille hommes; les princes Gzartoryski en avaient quatre mille ; les princes Sapiéha et d'autres avaient aussi de petites armées. — De moins grands seigneurs étaient suivis d'une ou de deux compagnies; et l'on voyait souvent un gentilhomme de douze cents livres de rentes, accompagné d'un autre gentilhomme qu'il soudoyait , et qui tirait le sabre pour lui.
Cet appareil guerrier était tout-à-fait inutile
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pour la guerre , parce que , chacun épuisant sa fortune à grossir sa troupe , personne ne se trouvait assez riche pour la soutenir en campagne; et parce que ces diverses troupes n'ayant ni armes uniformes ,.ni instruction pareille , ni discipline semblable, ne pouvaient que très-peu s'entr'aider lors^ qu'elles étaient daxis la même confédération , et s'opposaient les unes aux autres dans les querelles , tant privées que publiques, suivant les passions des . seigneurs à qui elles appartenaient^
Leur plus grand usage était d'influencer les dié*tines lors de la nbmimition des nonces, et sur-tout des juges, objet devenu très-4mportant. Un étrange point d'honneur s'était introduit. Le croiriezvous? Un juge, nommé par suite de la protection que lui avait doanée un magnat , élait compromis dans sa réputation , passait pour un ingrat abominable, n'était plas reçu en bonne compagnie , s'il osait voter au tribunal contre son protecteur, et s'il ne lui £ûsait pas gagner tous- ses
procès.
Les troupes de/àmiUe avaient un autre emploi du même genre. Si un château était contesté, le plus fort s'en mettait en possession; il fallait alors nn jugement pour le déposséder, le droit provisoire étant au possesseur , et le jugement ne se rendait presque jamais,, ou si par extraordinaire il avait lieu , nulle fosce publique n'en assurait r^cécu** tion.