‹ Œuvres posthumes de RulhièreChapitre 61 sur 70 · DISCUSSION*: CLXI · texte numérisé non relu

DISCUSSION*: CLXI

core ciMinattriB joumellement la suite de ses desseins et de ses tenUtivei si souvent trompées, mais dont il ne désespérait jamais ^ que jamais il n'inter^ vonipait. — M. le ^o^Ut de Vergennes m'avait permis de continuer nne correspoildance chiiirée avec ce prince , qui m'a toujours paru digne d'un protfond attachemmt^ J'avoue , comme le diëait VoU taire du grand Frédéric , que sa couronné ne nt'en m^aii point dégoûté du tout: mais /grâce à Dieu^ pas plus depuis qu'il Ta eu perdue que lorsqu*3 la portait avec tant de faâgnes et de soucis.

Et î'ai vu l'animosité contre \m , 'aller jusqu^à èmipHUamù vendu à ta Rmêssù' son royaume et sa nulibii. -r^ Qu'est-ce qne l'on peut offirir à un roi ponr son royaume ? ,

Les autres imputations qu'on lui feit' ne spnt pas plûa raisonnabfes, ,

U^kçait, diihon^ commencer j^ar: chasser /es Russes. -— Un homme d'état 'doit:. encore moîns^ qu'un Iiommedè guerre tenter ce qu'il est évident qa'il ne ipourra point efTectoei*. La* preuve que sa natioioi ne pomratt pas thùsser les Russes^ c^ qu'il était roi de Pologne, et que Stanislas Leezinski n'avait pas'pa l'être. i

JfidétkiÙi ajoute^t^Hon j se mettre coné-è eux é k$ tête êêsa mstion. C'est c^ que Ton pouvait croire en France qhand la' science • de Péebnomie politi*' que cmnraençaiï & peine ^à y pointe, é. quand <in ne savait pas ce «{ne c'est qu'une nation, ce qui la^ i. /

CLXU BISGtTSSION.

rend susceptible d'avoir une tête , et de remuer efficacement des bras: C'est ce qui excuse la politi^ que de M. de Ctioiseul. On' voyait un grand pays: Quoique n'ayant que lé tiers de la population d'un pays de même étendue passablement gouverné , il en avait deux fois plus que la Prusse. On lui donnait des titres respectables : c'était unevàsvàtiqv'Ei et cette république avait un aoi. On voyait en Suède quelque chose qu'ob croyait seiàblablè ; et les Polonais étaient quatre fois plus nonjtbreux que les Suédois. Mais les* Suédois, étaient des hommes libres^ et leè Polonais étaient des ser6. On n'évalu2»t pas celte différence, qui réduisait la puissance polonaise à ce que pouvaient lestent mille gentilshommes, seuls membres de la république. On avait vu ces gentilshommes déUvrer Vienne et battre les Turcs encore moins disciplinés qu'eux: Cette idée de la paspoliie et de cent mille hoihmdi montant à cdieval en un seul jour en imposait. Ils avaient été tédoutables quand le reste de l'Europe n' ajoutât comme. eqx & la noblesse que «ks ser&oiiun tiiers état avili , quand l'art de la gnerre n'âait pas perfectionné ^ quand il se réduisait presque à diJne à des braves en avant, et à leur donner un courageuxeiefnplew Chi imaginait donc qu'en» rôi de Pologne n'oyait iju'à. Sje . montrer pour ô^érer^um levée en ntaase, et qu'ilsuffir^^t de. lui donner. dp très*&ibles secoui^. Si r.on eàt cru. qu'il en faUi&t de considévahles^ la Frsfnce ne s'en seraîtpas mêlée,: car elle

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sortait d'ane longue et malheureuse guerre^ n^avait que peu de troupes disponibles, et ne pouvait donner que peu d'argent.

Mais une noblesse n'est plus une nation. Mais des hommes à cheval , et chacun sur un cheval de son choix , ou conforme à sa fortune , ne sont plus une armée. Mais une armée a besoin de beaucoup d'artillerie, et l'artillerie coûte fort cher. Mais, à une sffmée , il faut de l'infanterie. Mais on ne peut faire une bonne infanterie avec des serfs, si on ne les a pas levés, habillés, armés et exercés de longue main, et si, par la discipline, on n'est pas parvenu à leur donner quelque point d'honneur. Or, il Ëiut les nourrir loin de leurs travaux pendant qu'on les dresse, ce qui coûte encore de très-grosses sommes, et le gouvernement de Pologne n'avait pas d'airgent. Il fout à la Russie un territoire de deux mille lieues de long sur cinq cents de large, pour en tirer l'armée qui en fait une grande puissance. Pourquoi? parce que ses soldats sont des serfs. Et pourquoi encore? parce qu'un pays cultivé par des ser& ne donne qu'un faible revenu.

Si le roi de Pologne se fut mis à ta tête de sa fàobtesse qu'on appelait mal-à-propos sa nation^ elle aurait été conquise vingt ans plus tôt.

On tui procurait le secours des Turcs. Pour le bonheur de la Pologne , ils furent battus et dispersés avant d'arriver. Un pays que les Turcs protègent, s'ils y mettent le pied, est. au

GLXtV DiSCUSSIOM.

bout Ae quinze )oifirs le pays le plus ravagé de l'uuivefs.

L'Autriche , plus voisine de la Pologne que la France, et là cônM^nt mieux, savait que la Pologne était nulle, voyait avec plaisir combattre les Tur^s et les Russes , et ne se hasardait p<ânt

Si elle se fôt hasardée et si elle eàt pu en chasser les Russes , elle aurait pris leur place. Mais les l^usâes auraient résisté , la Pologne auisût été idbtmée , Frédéric serait intervenu , et le partage au^ fait encore été fait.

Stanislas-Auguste a donc été sage et bon Polo*nais, et veirtueut roi de son pays, en ne se mettant point à ta tête de ses confédérations , pour bire la guerre à ses voisins, et en se servant de tout ce qn'il avait d'esprit et d'habileté , et de se^ voisins même, pour tiicher de former, de sa nathn, vM nissavcb avant d'en vouloir user.

Mais , dit-on encore , pourquoi , torsfu*enfin il lui a fallu faire la guerre aux Russes^ n'a-i-^pas été commander luir-mêtné son armée ?

S'il se crut plus utile aux négociatrato et à la di-^ rection du conseil de guerre qui devait fournir les approvisionnements; s'il pensa que son neveu, plus jeune que lui , et n^ayant point d'ennemis , inspirerait à l'armée Une confiance pllis générale ; si , lé destinant à lui succéder de son vivant , Ou après sa mort, il' voulut lui donner l'occasion de s'instruire , celle de s'attacher les officiers et les

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soldats ; qui peut devifier , cjuant à ces différents motife , et de plus blâmer un roi juge de ses actiéns, un onçlelibre de sa tendresse?

Je suis affligé que M. le rapporteur ait voulu défendre M. de Rulfaière sur tous les points ; qu*il ait cru à la fable d'un unique coup de pistolet , tiré seulement pour en avoir la lumière , fable contre laquelle déposent une grave blessure , ainsi que des habits criblés de balles ; et encore à Fautre fable d'un homme arraché de sa voiture par dix-huit hommes bien montés , bien armés. , menapt pour lui un cheval de main , ayant une avant-garde et une arrière-garde pour barrer les secours ou la fuite , et qui cependant leur aurait échappé , qui aurait couru deux cents pas et n'aurait été reconnu , dans une nuit obscure , qu'à cette merveilleuse flamme d'un pistolet.

Je suis encoire bien plus affligé qu'un aussi excellent homme que notre vice-président ait été en* tridné , par la bienveillance que lui a inspirée son auteur , à tâcher àt pallier le crime de Strawinski et de ses complices. Tout le monde sait , et Pulawski a écrit de sa main , que dans la chapelle , que devant l'image de Notre-I^ame de Czentachow , confession faite , messe entendue , lui , Pulawski , leur avait fait prêter le serment d'amener Stanislas- Auguste Poniatowski , MORT ou vif. — Ces deux mots ont une terrible latitude. Les cérémonies religieuses, qui précédèrent et accompagnèrent l'en-

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gagement d<e les remplir , sont une horrible profanation. L'amitié est sacrée sans doute , elle a le droit d'être indulgente ; mais je suis sûr que l'humanité , la.raison, la philosophie de notre collègue , la désavouent dans cette occasion.

FIN DE LA Discussion.

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