SUB LA VIE B£ RULHI£RS. XXV
habileté consiste à avoir su présenter ia politique de la France sons un jour favorable , sans avoir al-* téré la vérité des faits. L'ouvrage est composé avec beaucoup d'art; mais cet art n'est sensible qu'à ceux qui ont râBéchi sur ce genre de composition. Le récit est varié dans ses formes et dans ses mouvements ; il est animé par des réflexions ingénieuses, par des portraits tracés avec finesse ou avec énergie. Lé style, toujours correct et soigné, a souvent de l'éclat , et s'élève quelquefois au ton de Téloquence , dans les discours que l'auteur £aiit prononcer à quelques personnages.
Cependant , quelques travaux que suppose l'histoire de l'anarchie de Pologne, on a lieu d'être surpris que Rulhière n'ait pu l'achever en vingtdeux ans. Telle -qu'elle est néanmoins,* c'est elle qui le maintiendra célèbre : elle n'est pas seulement beaucoup plus étendue que ses autres écrits , elle leur est fort supérieure , et c'est à haute distancé qu'elle s'élève au-dessus de toutes les productions historiques publiées depuis en Europe.
Peut-être , à une révision scrupuleuse , Rulhière eùt-il cru devoir abréger les trois premiers livres , qui ne sont qu'une introduction ; mais il n'eàt rien changé sans doute aux trois suivants , où sont réunies tant de beautés^ergiques. C'est là qu'il accumule sans confîisicm 1^ principaux traits de son grand tableau : en Russie , la fin languissante d'Elisabeth , les courtes folies de Pierre III , le prompt veuvage de Catherine]^; en Pologne, la