A KADEMOISELLE DE SAINT-POINT
ous Tavez, belle Iris, vraiment échappé belle En allant à Maçon pour voir ces jours passés
Cet ambassadeur infidèle.
Qui met en mouvement nos François em- De Toir toujours chose nouvelle, [pressés
En dépit de la foule où tant d'os sont cassés. Je tremble encor pour vous au moment où j'y pense 1 Et cette curiosité Faillit à vous mettre en dépense De votre chère liberté.
Si mon récit chez vous trouve quelque créance, Je vais vous mettre en évidence Cette étonnante vérité. Un vieux coquin d'eunuque et quatre janissaires. Gens à mines patibulaires, ,
Attentifs à vous observer.
Formèrent, comme vrais corsaires.
Le dessein de vous enlever.
Frappés d'étonnement, éblouis de merveille, A voir de vos attraits le pompeux attirail; « Allah! se disoient-ils l'un à l'autre à Toreille, « Quel beau meuble pour un sérail !
« On n'y voit point de Géorgienne, <x De Grecque ou de Gircassienne, « Si propre à se faire adorer, « Et si, par force ou par adresse, « Nous pouvions la conduire aux pieds de sa Hauteâse/ « Est-il un si grand prix qu'on ne dût espérer ?
Ëpitres. 149
« Être bâcha d'Alep, de Bagdad ou du Caire
« Seroit notre moindre salaire^
« On dans Tart de conjecturer
« Ma lumière n'est pas bien claire.
« Cet attentat est odienz^ Ajoatoit ce maraud qui n'est homme ni femme; « Contre notre projet le droit des gens rédame^ a Mais si ce droit des gens parolt si spécieux,
« Sous la caution de ma lame a Je prétends soutenir à quiconque nous blâme « Que le droit du plus fort prévaut comme plus vieux. « Pour un plus beau sujet peut-on risquer sa vie ?
« Osons^ et nous serons heureux.
« Dans ces desseins avantageux
<i C'est le succès qui justifie. »
Ces quatre suppôts de Satan^
Animés par le traître eunuque.
Jettent dans le buisson la veste et le turban,
Prennent justaucorps et perruque^
Et sans délibérer beaucoup^
Ventre à terre au coin d'un bocage
Vont attendre à votre passage
Le moment de faire leur coup.
Amour, soufriras-tu qu'une beauté charmante Par qui toujours d'encens ont fumé tes autels.
De ses persécuteurs mortels Devienne impunément la victime innocente ?
Cet objet de tant de soupirs^
De petits soins, de complaisance^
Et qu'on adoroit en silence, Sans former seulement une ombre de désirs, S'en va donc essuyer toute la barbarie De la grossière nation Dont Taffireuse galanterie
l5o EpiTBES.
Commence le roman par la ccmclnsioD P Vous allez donc, Iris, subir la loi funeste
De cet arbitraire poaToir,
Où la pndenr la plus modeste Reçoit de son trépas l'arrôt dans un mouohoir?
Vous dont les grâces sans égales Méritoient des mortels tops les vœux réunis.
Avec cent indignes rivales Vous allez partager de dégoûtantes nuits I Ah ! plutôt qu'il soit vrai qu'on craigne
Ces^ terribles événements, Amour, brise tes traits; que ton flambeau s'éteigne, On bien fais des Atys de tous les Musulmans.
Mais j'entends le tonnerre et je l'entends à gauche» L'augure est favorable et je suis exaucé;
Cependant la litière approche,
Le brigand sort de son fossé, Et^ dévorant des yeux l'inestimable proie.
S'applaudit et saute de joie.
Quoi ! par des gouffres inconnus.
Déjà pour engloutir ces ravisseurs infâLmes, L'enfer ne vomit pas de noirs torrents de flammes! Doucement, mon courroux, nous y voici venus;
Ne redoutez rien pour les dames :
Je vois changer la scène, et d'un nuage épais Le timide équipage à l'instant s'enveloppe ; Il en sort coup sur coup une grêle, de traits. Tels que pour Jupiter en forgeoii le Cyclope; Les voleurs renversés, dans cet a&eux destin. De leur sourd Mahomet en vain réclament l'aide.
Et la peur de la mort succède
A l'espérance du butin.
C'est ainsi que IKane au rivage d'AuMe,
Par un exploit de grand r^om.
ËPITRBS. iSt
Ravit Iphigénie an couteau parricide
Du rigoureux Agamemnon;* Ce qui vous surprendra, c'est que de la tempête, Hors un peu de chaleur^ vous ne sentîtes rieii; ' Le nuage au dedans brilloit sur Totre tôte ; ' Aucun bruit ne troubloit votre doux entretien. A combattre pour vous l'ardente canicule^ L'officieux zépbyr se mettoient tout en eau.
Et vous servoient de véhicule
Pour regagner votre château.
Peut-être encor à sa prière Le paisible sommeil, qui prit Taffaire en main, Du sac de ses pavots mouilla votre paupière
Pour vous abréger le chemin^ Tandis qu'en blasphémant contre leur loi profane^
Vos cinq ravisseurs prétendus.
Désespérés et morfondus,
Rejoignirent leur caravane.
Ainsi par un bonheur qui n'eut jamais d'égal. Vous fûtes à l'abri de la peur et du mal.
beauté trop chérie à la cour de Cythère,
Les vents, le soleil, les amours, La puissance du flls, les troupes de la mère. Tout, sans vous mettre en frais de la moindre prière, Vole à votre secours.
combien de reconnoissance Devez-vous à Vénus, qui prit votre défense Contre ces insolents qui vouloieut vous ravir ! Ce qu'elle a fait pour vous, il faut bien le lui rendre; Que si vous ignorez comme on doit la servir.
Iris, je m'offre à vous l'apprendre.
Lisez la date, aimable Iris, Et jugez si je vous chéris ;
Il hint tranchei le mot:. jugez si je Tong aime!
De Sirignon Je tous écris; Ce palsis de Comns, ce s^ma de Cypn^i Ob l'on B'a pas le tempe de songei & toi-même.
ÉpITBES. z53