X. La acienee des fiibles
Accorder la Pologne avec le Suédois
Et la maison d'Autriche avec celle de France.
Mais revenons au £ait. Un jour sur le gazon Le prince infortuné sç nourrissoit de. flamme > Et sous Jupiter-arbre abandonnoit son é,me Aux symptômes cruels de Tamoureux poison. Reine, s'écria-t-il , je suis un téméraire D'avoir porté mes yeux sur -vos divins appas; Mais je vais expier un crime, involontaire
Par un volontaire trépas.
Adorable iunon, regardez sans colère:
Le sacrifice de mes jours; Il vous parle d'amour, mais il est nécessaire. Si je vivois encore, ô beauté, trop sévère.
Je vous offenserois toujours !
Ixion, finissant sa plainte,
S'alloit lancer sur son épieu; Jupiter de frayeur sentit son àme atteinte, ^^
Quitta l'arbre et reprit le dieu.
Et se montrant à lui dans sa forme ordinaire : Calme, pitnce, dit-il , calme ce désespoir; Tu brûles pour Junon? Ce n'est pas une affaire;
Je te la livre, et dès ce soir; \Ta m'es plus cher qu'une chimère Dont les mortels jaloux se lajissent décevoir.
Tu connois cette grotte obscure , Où venant de la chasse... Il suffit, to m'entends. . Pour donner à l'hymen certain air d'aventure Qui pût assaisonner ses dons peu ragoûtants, J'ai voulu que Junon ce soir m'y vint attendre.
A la faveur de son obscurité , Tu peux jouer mon rôle en pMne sûreté; Je te quitte ma place et t'invite à la^prendre.
Tel qu'un homme ressuscité^ IxioB , f*»u7 «ette henté^ A sou libérateur rendit nouvel hommage.
Pour Jupiter, en vérité , Sans le respect de sa divine, Il jouoit, ce me«emlile, tm ^^in personnage.
A certains accidents qu'on ne peut empêcher
Accommoder sa prudence «néormie, Baste ! m peut le seuffirir; mais les aller ehercher ! Je vous baise les mains : cela sent l'iuftEmie. Or à juger soyons plus retenus :
Le roi des die«x , comnM «"«st ûtùse claire^ Très-volontiers f aisoit maris «onius ; Le devenir n'éteit pomt sen aAnve.
Que fit-il donc? Pour sauver le gafçon Du désespoir, de flamme et de nuage Il fit un corps ressemMaut à lunoa De teint, de traits^ de taille- ettée vintge, Mais ressemblant d'eue tdie faeon.
Qu'à moins d'avoix appri8> qu'on* vouloit4asw|«Hidre, La mère qui la Ht auroit pu B*y miépremdfe.
Le fantôme à la grotte eut ovâre^dese -rottâre. Tout s^ passa fort btat : Tamant sut pvc^ter Du prétendu tour ée souplesse.
Et fit exploits à contoater Une vôri!taâ)le déesse.
11 fit sa .]ûen le dieu , ^tsma si maL^ie. maiâ , Que la &US8Ê' Junon* se douta de llaiâire , Et, le reoQBBmfWflfnft» lui:^ ioute en eeJèro
Un étsange oluKriyadn.
Après avoir joué ]^ oaiine.
Elle joua lafémme^ et lesxisrimes passés
Qu'oniEioit. jneaaeés
C<yi<rTss. ««s
D'une éteifidUe. haine, Par des crimes noa^eanx restèrent (effaeés.
Enfin, contents de VvrmivtTe,
La déeEse d'air et de fen , L'amant de ohair €t «d^s, -dans la caverne. oIiimidg Tinrent ]^ d'nae foBS reoemmencer le jeu.
Le prince Qtoit itdure&x , du moins dans saw idée ,
S'il avoit pu se retenir; .
Mais d'un trop^and plaisir «a jeune âme iaotté^, Répandit un secret qu'elle eût dû eontenir.
Force gens en pareUle place Perdent la. liaaiMitane et «se perdent d^^imefor ; Tel affronte en héros «t mutient la lé^si^âce^
Qui snceombe sous le i}onb«uff.
C'est ainsi qulxion ré^a «on my^re A certain confident qu'il «rofoit fort (Mecret, Mais qui parla pourtant : il eotita «on ^ITaife. Voulez-vous; qu^im ami vous garde* le secret? Imprudent» apprenez ^le prenùer à vous taife.
Le bruit s'en réfiandit dans la vofrte des «iettz. Vénus, Galiste, fm; Cérès, -Flore, Latone Et cent autres beautés d'une trempe aussi bonne, Osoient en rire au nez de la reine des dieux ; Fière comme elle étoit, et d'ailleurs innocente. Jugez si ce fiaux bruit vivement la toucba.
Pour cbâtier c«tte langue insolente, Des mains de son époux la foudre efle arracha , Dont Ixion 'frappé, dans ia fournaise ardente, Trop content de périr d'une main si charmante , En soupirant d*amour sur-le-champ trébucha.
Momus en plaisantoit, et malgré ce supplice,
2o4 Contes.
A la chaste Junon ne rendoit point justice.
Malheureux, disoit^il^ celui dont le caprice
D'un amour suborneur A dame d'un haut rang force à rendre serrice ! S'il arrive qu'un jour sa tendresse finisse, L'ingrate, de l'amant qui fit tout son bonheur
Fait tôt ou tard un sacrifice^ Tantôt à son dégoût, tantôt à son honneur.
Jupiter, qui savoit de l'histoire tragique Tous les ressorts secrets,
En devint si mélancolique Qu'il ne fit point pleuvoir sur les sables d'Afrique
De deux ou trois mille ans après.
Izion, toujours vain dans ses maux effï*oyab1es, Ne fut point corrigé par l'horreur de Tenfer,
Et conte encore à tous les diables
Qu'il a fait cocu Jupiter, Le fantôme accoucha d'une étrange lignée.
Ayant la face dlionmie et le corps de cheval; Par le nom de Centaure elle fut désignée; La race jusqu'à nous s'en étant provignée , J'en connois de moulés sur cet original.
Vous voyez, comtesse adorable, Qulxion avec moi n'a pas de grands rapports; Vous ne me verrez point , comme ce misérable ,
Prendre un fantôme pour un corps.
Soulagez mon ardeur fidèle , Je jure à vos beaux yeux un éternel secret.
Enfin 1^ ne soyez pas cruelle ,
Je ne serai pas indiscret.
Contes. ao5