‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 31 sur 93 · MIRON ET LAIS · texte numérisé non relu

MIRON ET LAIS

iron , sur ses vieux ans, amoureux de Laïs, Demanda les faveurs qui se vendoient chez Mais ses désirs furent trahis [elle;

Par certains cheveux gris qui choquèrent la Il lui fit vainement sa fatigante ^ur : [belle.

Il ne put l'émouvoir qu'à lui chanter injure. Va, dit-elle, vieux fou, songe à ta sépulture. Et laisse aux jeunes gens à songer à Famour.

La manière étoit un peu dure ; Mais un cœur vivement touché S*expose à plus d'une aventure Et fait figure sur figure Avant qu'il soit bien détaché.

Au défaut de sa tète grise Miron de ce refus impute tout Taffroni.

Il se rajeunit, se déguise; De cheveux empruntés il ombrage son front.

Il prétend que Lais doit en être enchantée, Et se trouve au miroir plus beau que le beau jour; Ainsi par la ruse d'amour La pemiqae fut inventée, Dont plus d'une tète éventée , Pour tromper plus d'une beauté , , Se fait un mérite achevé.

Bien qu'inconnu pour lors et dans son origine, Ce piège de Laïs n'abusa point les yeux ;

Si Tamour est ingénieux ,

L'aversion n'est pas moins fine.

&. Comtes.

h ce nouveau maicbaDd de ses jeitnes attraits

£11e examine touE les traits ,

Et rappelant sa mémoire

Malgré la perruque noire :

— Tu ponrrois bien te passer.

Lui dît là brfle en colère ,

De- rerenir me pivaser

Et me parteïd'trar attire

DoM j'ai retyisS ton père.

Page 1