‹ Œuvres posthumes de Sénecé;Chapitre 8 sur 93 · A MONSIEUR LE COMTE D'AYEN · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE COMTE D'AYEN

sur son retour de la campagne de Flandres.

près avoir bien menacé, Enfin le HoUandois s'est montré le plus sage^ Comte, et son flegme trop sensé Choque votre jeune courage.

Vous condamnez avec chaleur Ce froid glacé du Nord aussi lent que superbe. Ce &oid qui fait sécher en herbe Les moissons de votre valeur.

Cette gloire qu'on vous dérobe Alloit à votre ardeur livrer tous ses attraits , Et vous la suiviez de si près , Que vous lui touchiez à la robe.

Ainsi Tamoureux Apollon, Aspirant aux douceurs d'un furtif hyménée , Dans un délicieux vallon Couroit la fille de Renée.

Déjà ses sens d'aise ravis Méditoient des plaisirs qu'on vous laisse à comprendre; Il ne falloit , à son avis, Qu'allonger sa main pour les prendre.

ciel! qu'il fut déconcerté.

Quand cet emportement qui le rendoit agile ,

104 ËPITHBS.

Au lieu d'une tendre beauté > N'embrasse qu'un arbre stérile !

Mon parallèle en certain cas Manque d'exactitude et n'est pas bien fidèle^ Car Daphné passoit pour pucelle^ Et la Hollande ne Test pas.

On vit sa fierté désarmée Adorer un béros qui n'eut jamais d'égal ; Elle se défendit si mal Qu'elle en flétrit sa renommée.

Après cet auguste vainqueur, A briguer des faveurs on trouve de la gloire , Et ses restes feroient honneur Aux plus grands hommes de l'histoire.

Consolez-vous du contre-temps.

Si la belle vous fuit et vous fait trop attendre ; Peut-être au retour du printemps La forcerez-vous à se rendre.

Attendant ces heureux moments Où l'amour à vos vœux doit livrer la fortraie , On ose à vos empressements Offrir neuf maîtresses pour une.

Consentez à vous régaler Des eaux que l'Hélicon vous offre à pleine coupe C'est un assez bon pis-aller, Que les caresses de sa troupe.

Pendant la saison des frimas, Des plaisirs enjoués écoutez le langage :

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Ëpitres.

Ils Yous avertissent tout bas

Du tribut que leur doit votre âge.

Plus vieux que vous et moins touché Des soucis d'uu grand cœur que la vertu possède, Achille étoit encore caché Dans. le sérail de Lycomède.

Mais quoi ! je vous entends frémir D'un conseil qui voudroit assoupir votre audace : Non ! les exploits de votre race Ne vous laisseront point dormir.

Eh bien ! comte, que faut-il faire Pour mieux vous conseiller suivant votre intérêt ? Méditez votre illustre père Pour devenir tout ce qull est.

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lo6 .ËPITRES.

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