Il est probablement de
4. Lettre sur les plaisirs (bien antérieure à Texil de Saint- Évremond, c'est-à-dire à 1661).
Dans cet « état douteux », la conclusion sera la même pour les deux philosophes. Attachons-nous à cetle religion salutaire, non point par Tintelligence, qui décidément ne peut rien , mais par le cœur, s'il le faut, « par une habitude douce et pieuse * ». — « Naturellement même, dit Pascal, cela vous fera croire et vous abêtira. » Le ton est changé; la pensée reste la même.
Mais, à présent, les différences commencent. Un Pascal a pu trouver au besoin assez de force pour sacrifier la raison : il en pourra trouver assez pour s'imposer une croyance. Un Saint-Évremond porte ici la peine de sa mollesse. La religion lui semble de tout point avantageuse; il voit « le bonheur des vrais chrétiens, tandis que l'incertitude fait une condition malheureuse à tous les autres ^ » ; il souhaiterait de croire, ne fût-ce que de cette « espèce de foi » qui naît « par les désirs ' ». Mais quoil ce n'est point là croire encore. 11 faudrait un acte suprême de volonté : Sainl- Évremond ne saura point le faire. Pascal dirait qu'il n'a pas la grâce. Et lui-même en fait l'aveu : « Sans une grâce particulière, nous sommes plus inquiets que persuadés d'une chose qui ne tombe point sous Tévidence des sens, et qui ne fournit aucune sorte de démonstration à l'esprit *. » Il restera donc à mi-chemin, songeant que son intérêt est de se faire dévot, que la religion fait le bonheur des hommes ou le devrait faire, et mourant enfin dans Tindifférence.
Dans la situation d'esprit où le met cette admiration platonique, il garde toute sa liberté d'esprit, et compare avec
1. Lettre au maréchal de Créqui qui m'avait demande, etc. i Article Religion),