Id
4. Id, Et dans une lettre à Mme de Mazarin, il dit, en parlant de la religion: « La coutume en autorise le discours; la seule {^râce en peut inspirer la créance. »
une finesse extrême les deux religions qu'il a vu pratiquer, Tune en France, l'autre en Hollande et en Angleterre *. Personne peut-être au xviie siècle n'était assez désintéressé pour tenir ainsi la balance. Saint-Évremond finit par rêver la réunion des deux cultes, laissant de côté les questions de dogme, les arguties de théologie, et s'accordant sur le terrain commun de la charité. « La charité a été ordonnée par Jésus-Christ; et la doctrine des mystères n'a été établie que longtemps après sa mort. Lui-même n'a pas expliqué si nettement ce qu'il a voulu : d'où l'on peut conclure qu'il a mieux aimé se faire obéir que se laisser connaître. La Foi est obscure, la Loi est nettement exprimée *. » Laissons donc de côté toutes ces « chansons de prêtres qui ne regardent point les honnêtes gens, » comme dira Madame ^. La vraie religion « doit avoir pour marque d'obliger à aimer Dieu ». Elle n'aura d'ailleurs rien de fâcheux pour les hommes, et se gardera bien de leur prêcher la «morale noire ». Â ces conditions, Saint-Ëvremond , continuant son joli rêve, se dit qu'il entrerait volontiers dans les ordres. Que faut-il pour décider sa vocation? Des « couvents institués comme ils devraient l'être, » c'est-à-dire « des sociétés établies où les honnêtes gens se pussent retirer commodément.... » sans « autres règles que celles du christianisme qui sont reçues généralement partout,... sans que de nouvelles constitutions fassent naître de nouveaux tourments et de nouveaux crimes*». En un mol, l'abbaye de Saint-Ëvremond sera l'abbaye de Thélème ; et chacun y pourra venir honorer un Dieu qui ne ressemblera pas au << Christ empistolë» tout noirci de fumée », un Dieu aimable et point trop exigeant,
1. Lettre au maréchal de Créqui qui m'avait demandé, etc. (Article Religion.)