bd., XIV
beauté le plus merveilleux hommage qu'elle puisse recevoir. « Non, il ne faut pas s'indigner si pour une pareille femme les Troyens el les Achéens supportent de longues misères ^ » Depuis neuf années du grand Zeus, ils voient l'ennemi autour de la ville; parmi leurs amis ou leurs enfants, beaucoup sont tombés sous les coups d*Arés, — beaucoup tomberont encore, et quelque jour, si Zeus Ta résolu ainsi, va périr tout entière Ilionla sainte. Pourquoi? — Pour la beauté d'une femme. N'importe : cela est juste, cela est dans Tordre; il ne faut pas s'en indigner, — où vsjxefftç. Tout à l'heure peut-être, tandis qu'Hélène s'enfermait encore dans sa demeure, ils ne songeaient qu'aux souffrances et aux périls de cette guerre ; et peut-être, au fond de leur cœur, se demandaient-ils si le prix en valait tant de sacrifices. Mais Hélène s'est montrée; et le premier mot qui leur vient sur les lèvres, c'est la justification de tout ce qu'on a fait pour elle. Toutefois, après ce cri presque involontaire échappé d'abord à Tadmiration des vieillards, la réflexion revient, plus calme et plus triste. Il a suffi d'ailleurs d'un coup d'œil jeté sur les deux armées qui tout à l'heure allaient recommencer la bataille, pour les ramener aussitôt à d'autres pensées. Oui, Hélène est bien belle. Oui, certes, il est naturel que les hommes et les villes succombent pour la posséder. Et cependant, — « plût aux dieux qu'elle s'en retournât sur les vaisseaux grecs, pour ne point causer notre perte et celle de nos enfants* ». Voilà tout ce qu'ils trouvent à dire contre la grande enchanteresse, eux, les anciens de la ville, eux, les sages. Point de colère ni d'indignation : rien qu'un souhait mélancolique, discrètement prononcé à voix basse. Encore le vieux Priam s'y est-il associé, à l'appi^oche de sa « chère fille »? — Je ne sais. Nous ne connaissons pas encore la fille de Léda. Mais déjà