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d'un pur caprice d'Aphrodite. Le sort de chaque mortel n*est jamais livré à l'arbitraire de telle ou telle divinité. Il a été fixé d'une manière irrévocable par le dieu suprême : Hélène le sait : c'est Zeus qui lui a fait le sien ^ Aphrodite ne sert ici que d'agent au père des dieux qui distribue un lot à chaque homme venant en ce monde. Elle contribue dans des occasions particulières à l'exécution générale de la destinée faite à la fille de Léda. Elle exécute la pensée du grand Zeus. Chaque créature a sa carrière assignée, sa part de besogne à faire dans le vaste plan de cette providence divine qui embrasse ainsi l'ensemble de toutes les actions humaines, l'histoire même du monde. Chacun concourt, sans le savoir, et parfois malgré lui, à l'exécution de l'ordre qu'a fixé la < moïra » du dieu régulateur. Mais tous ces ouvriers de l'œuvre multiple différent en importance suivant les forces qui leur ont été données. Les uns seront obscurs, ignorés, presque sans influence. D'autres, au contraire, ont été désignés entre tous pour servir manifestement aux desseins immuables; ils sont les élus de l'action divine, ils laisseront derrière eux une trace durable; ils bouleverseront la terre. Hélène est de ce nombre.
Ses fautes sont dans l'ordre divin. Elles sont nécessaires, avec leur immense retentissement. Priam le sait bien! Les vrais auteurs de tous ses maux, ce sont les dieux qui < ont excité contre lui la guerre lamentable * ». Celte grande lutte de l'Europe et de l'Asie devait se produire à son heure. Elle était fixée par les décrets célestes : Hélène n'est que leur instrument. A cause d'elle, beaucoup sont morts, mais ils sont morts < par la volonté des dieux ^ ». Hélène est une créature fatale, — nous dirions, dans notre langue d'aujourd'hui, providentielle. Ce n'est plus elle qui agit : c'est