Oreste
le vieux poème, c'est Hélène qui tient sa. place. L*épouse de Ménélas est là comme une Némésis humaine. Dans le grand travail mythique, la fille est ainsi née avant la mère, et peut-être a-t-elle contribué à lui donner naissance dans rimagination des hommes.
La fiile de Zeus a donc une sorte de mission supérieure à remplir sur la terre. Cette mission lui donne un caractère presque sacré. « Hélène aux bras blancs, née d*un père divin », n'est-elle pas « divine entre les femmes »? Sa haute origine et son perpétuel commerce avec les immortels ont mis sur elle une empreinte mystérieuse que rien n*efface et qui lui fait tout pardonner. Elle a séduit Troie tout entière, les sages et les braves, Hector et Priam. Au milieu de ceux qui pourraient la haïr, elle, la cause, encore qu'innocente, du péril commun, elle qui de la part des dieux est venue apporter le malheur à la ville; au milieu de cette Troie qui peut-être va succomber pour elle, Hélène s'avance paisiblement, répandant sur son passage le parfum des blanches éloiïes qui la couvrent. Il flotte autour d'elle comme une atmosphère lumineuse, je ne sais quelle auréole surnaturelle qui écarte bien loin Tidée même d'une injure et commande invinciblement le respect. On ne saurait la haïr comme on hait Paris ; on se dit tout bas qu'elle ressemble terriblement aux déesses immorlelles S et parfois on sent se mettre entre elle et le reste des hommes quelque chose de cette horreur sacrée qui annonce la présence d'un dieu : On frémit devant elle (7:àvT6ç jxs Tte^cixaciv 2).
Quelques-uns ont prétendu qu'Hélène et Sélèné sont primitivement un seul personnage. Ils ont rapproché deux noms d'ailleurs presque identiques; ils nous ont rappelé qu'Hélène, fille de Zeus, est sœur de ces Dioscures qui,