‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 12 sur 165 · XX NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XX NOTICE BIOGRAPHIQUE

SOUS une forme positive, lui était nécessaire, et que sa vie, telle quMI l'avait faite, était sans but, sans force et sans idéal. Ce qu'il appela son égoïsme lui fit peur. Il fut effrayé des ruines que le doute avait faites dans sa volonté comme dans son intelligence, et il vit avec stupeur combien il avait perdu le sens du surnaturel, c Je ne voyais que moi en moi-même^ écrit-il; i f oubliais que le royaume de Dieu y était aussi^ qu'il fallait c l'y trouver. > Cest à ce moment qu'il adressa sa prière au Dieu iqcbnttu... Il se releva au moins avec la volonté de croire, et la lutte commeni^.

Sur ces entrefaites, il écrivit à son ancien directeur, Tabbé D., pour lui demander une entrevue. L'entretien fut fixé au dimanche'27<mars, et le soir, en rentrant à l'École, Grousset se sentit pour la première fois dans une tranquillité singulière. Le Jour commençait à se faire pour lui, et il résolut de hâter le moment béni où il serait rendu à sa croyance. Il se mit d'abord à méditer les Évangiles. Puis il se livra à Pascal. Combien cette étude, qu'il n'avait faite autrefois qu'en lettré, convenait alors à l'état de son âme I II retrouvait là les mêmes doutes, les mêmes appels déchirants et passionnés. Aussi dévora-t-il les Pensées y\ et elles le remuèrent profopdément; il y eut tel article qu'il relut jusqu'à plusieurs fois par jour. Les Méditations sur. VÉvangile et les Élévations complétèrent cette éducation religieuse. Bossuet fut c son grand homme », mais ce ne fut que plus tard qu'il le comprit. Il commença aussi à revenir aux pratiques de la vie chrétienne, tout en se contraignant et attendant, plein de confiance, qu'elle lui fût tout à fait familière.

Le dimanche 3 avril, il se décida à faire .à l'abbé D sa

féconde visite. L'abbé lui fixa un nouveau rendez-vous au jeudi suivant pour le préparer au grand devoir de la vie chrétienne. On était alors à la veille du dimanche des Rameaux. Grousset se croyait bien guéri, et cette passion de croire se retrouve dans les pages qu'il écrivit le soir même de son aveu... Deux jours après, tout semblait à refaire. < Où en suis-je € maintenantif écrit-il alors. Que Vévénement est différent de c mon attelle! Cette communion, que f espérais si forte et dont

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