‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 126 sur 165 · vu · texte numérisé non relu

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même, à cette vie tranquille et régulière dont elle avait été privée si longtemps. VOdyssée vient alors compléter admirablement VIliade, et nous voyons Tépouse de Ménélas, échappée désormais aux perséculions d'Aphrodite, reprendre dans le palais conjugal le rôle de maîtresse de maison pour lequel elle était faite, et dont rien ne la détournera plus.

Sa demeure ^ est pareille en splendeur au soleil et à la lune, pareille au séjour de TOlympien Zeus. Lorsqu'entrent des étrangers, on les fait laver dans des baignoires polies, on les parfume d'huile odorante, on leur présente Teau dans une aiguière d'or, on les revêt de tuniques moelleuses, et sur les tables on leur sert les plateaux chargés de viandes et les coupes d'or. De toutes parts brillent à leurs yeux Tairain, Tor, et Félectrum, et l'argent, et Tivoire. C'est là que vit Hélène, honorée comme une déesse, et parfois ils la voient sortir de la haute chambre nuptiale où l'air est chargé de parfums. Majestueuse et sereine, elle ressemble à Ârtémis, qui porte l'arc d'or. Les servantes s'empressent autour d'elle. L'une lui présente un siège bien travaillé, l'autre met devant elle un tapis de laine ; une autre en6n lui vient apporter les nobles insignes de son rôle domestique : la quenouille d'or toute chargée de laine violette, et la corbeille d'argent bordée d'or. La reine s'assied, un escabeau sous les pieds, et paisiblement se met à filer, comme la mère de Nausicaa dans sa chaste demeure.

Jamais sa beauté n'a semblé plus radieuse. La fille de Zeus semble déjà comme entrée à demi dans l'immortalité glorieuse qui lui est réservée ; on pressent sur &on front la lueur de l'apothéose prochaine; on devine l'Hélène à qui Rhodes et Lacédémone élèveront des temples, l'Hélène qui fera des miracles pour ses suppliantes, et qui frappera d'aveuglement ses calomniateurs. Comme la Maya indienne,

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