Iliade^ XXIII, 658, sq
prix aux conducteurs des chars, rappelant sa douleur, el aussi, détail bien touchant, celle des chevaux immortels qui pleurent avec lui la mort de Palrocle. « Fils d'Atrée, et vous autres, Grecs aux belles cnémides, vous voyez déposés dans la lice les prix réservés pour la course des chars. Si les Grecs luttaient en l'honneur d'un autre héros, c'est moi assurément qui emporterais le premier prix dans ma tente. En effet, vous savez combien mes chevaux l'emportent en agilité : C'est Neptune qui les a donnés à Pelée, et Pelée me les a remis. Mais ni moi ni mes coursiers solipédes nous ne bougerons, car ils Tout perdu cet écuyer glorieux et doux qui souvent répandait l'huile onctueuse sur leur crinière après l'avoir lavée dans une eau pure.
(( Immobiles maintenant^ ils le pleurent, et leur crinière traîne sur le sol, et ils demeurent accablés de douleur. Préparez-vous donc à lutler, vous tous qui avez confiance dans vos chars et vos chevaux *. » Achille intervient sans cesse pour diriger les jeux, proposer et décerner les prix, calmer en quelques paroles sages et mesurées les contestations qui s'élèvent; et la présence continuelle de ce grand affligé conserve bien à la scène ce caractère de deuil qu'elle doit avoir. Il n'y a pas de plus beaux vers ni de plus touchants dans toute Y Iliade que ceux où il fait hommage au vieux Nestor des prix non décernés. « Tiens, vieillard, garde ceci en souvenir des funérailles de Patrocle : car tu ne le verras plus parmi les Argiens. C'est pourquoi je te donne ce prix. Car tu ne combattras plus au pugilat, tu ne lutteras plus, la lice des javelots ne s'ouvrira plus pour toi, et les pieds ne courront plus. Mais déjà la cruelle vieillesse s'est appesantie sur toi '. »
Nestor lui répond, un peu longuement^ comme à son ordi-