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Iliade, XXIII, 618, sq

LES JEUX EN l'honneur DE PATROCLE 191

naire. Il me semble que Ton prend plaisir à retrouver là uue dernière fois ces digressions familières qui font un peu sourire, mais qu'on écoute patiemment, et qui donnent un charme de plus à ce type éternel du vieillard honoré, entouré du respect de tous, et qui, chaque fois qu'il ouvre la bouche, laisse tomber les paroles « drues comme des flocons de neige », rappelant toujours quelque trait du bon vieux temps, du temps où les choses allaient bien mieux, du temps où il était jeune.

Au nombre des vainqueurs, nous allons trouver son fils Ântiloque, une des plus charmantes parmi les figures secondaires de Ylliade. Son père lui a recommandé d'être bien adroit, un peu rusé même, dans la course des chars.

Il Ta été un peu trop. Et voici que Ménélas l'accuse d'avoir agi peu loyalement pour vaincre ses rivaux. Ménélas s'irrite, il exige du jeune homme un serment. Le sage Antiloque lui répond ^ : « Pardonne-moi; je suis beaucoup plus jeune que toi, ô roi Ménélas; tu es le meilleur et le plus âgé; tu n'ignores point à combien d'égarements est sujet le jeune âge : alors Tesprit est prompt et irréfléchi. Que ton âme soit donc indulgente. Je te donnerai moi-même la jument que j'ai conquise; si, parmi ce que j'ai sous ma tente, tu exiges quelque chose de plus précieux, j'aime mieux te l'offrir à Pinstant, ô rejeton de Jupiter, que d'être à jamais banni de ton cœur, et coupable envers les immortels. »

La scène est tout à fait charmante, et on n'oublie pas l'habile discours du jeune homme, tout plein d'ingénuité, de franchise et de modestie, devant l'Âtride qui s'est levé^ le sceptre en main. Ântiloque est beau de sentiments et d'attitudes. Il fait songer à certaines statues de jeunes lutteurs antiques, en pleine fleur de jeunesse, le corps robuste sans exagération, l'air doux, inclinant un peu la tête, et baissant

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