‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 137 sur 165 · Êp., IX · texte numérisé non relu

Êp., IX

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le Panégyrique peut nous en donner une idée plus précise, et nous faire connaître par nous-mêmes ce qu'était devenue Téloquenee romaine à l'école de Quintilien.

Pline était entré de bonne heure dans les fonctions publiques. Questeur en 89, tribun du peuple en 91, préteur en 93, préfet du trésor public en 98, il obtint en l'an 400 le consulat. C'était l'usage que l'un des consuls entrant en charge adressât quelques mots de remerciement à l'empereur. Pline n'y manqua point. Il loua Trajan < au nom de la république » , assez brièvement sans doute, < en tenant compte du temps et du lieu ^ ». Mais il n'aimait point que ses œuvres restassent inédites : il ne voulait rien laisser perdre, et il entendait bien travailler pour la postérité. Pline songea qu'il pourrait faire servir à sa propre gloire la harangue qu'il venait de prononcer pour célébrer la gloire du prince. Il la reprit à loisir, la retoucha, l'étendit *• Aussi bien trouva-l-il moyen de se persuader que c'était agir en bon citoyen, et que son devoir l'obligeait à transmettre aux siècles futurs l'exemple de si rares vertus. Le remerciement à Tempereur devint le Panégyrique de Trajan, et la harangue officielle ainsi transformée compta parmi les actes importants de la vie littéraire de Pline le Jeune. La première ébauche avait été faite pour le sénat ; l'ouvrage achevé devait être lu dans une < recilatio », devant un cercle de délicats et de beaux esprits. Il faut tenir grand compte de cette circonstance. Le Panégyrique n'est point un véritable discours ; c'est un morceau d'apparat, où l'art n'a plus guère d'autre but que l'art lui-môme, et qui, avant tcfute chose, prend à tâche de satisfaire aux exigences des connaisseurs.

Pouvons-nous juger un orateur sur une œuvre aussi spéciale? Il nous semble que oui, quand cet orateur est un Pline

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