‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 138 sur 165 · Ep,, m · texte numérisé non relu

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LE PANÉGTI^^E D$ ThU^^ 209

le Jeune. S'il était permis (Templc^er une expression toute moderae, nous dirions qu'aucune forme de Téloquence ne convenait mieux à cet aimable lettré que l'éloquence « académique >. D'ailleurs les différences étaient-elles bien profondes entre son Panégyrique et les discours qu'il prononçait au sénat ou devant les centumvirs? Je ne le crois pas. En composant un plaidoyer, Pline songeait involontairement au jour où il serait publié *. La fauleen était à ses amis qui l'importunaient, aux libraires qui le flattaient... Pline ne se fâchait pas de leurs sollicitations. Il les prévoyait même; il allait au devant des demandes ' ; il envoyait son dernier discours à un ami qui le réclamait, ou qui aurait pu le réclamer; il lui demandait modestement quelques avis. Un peu plus tard, il lisait l'ouvrage nouveau à deux ou trois intimes ^. Enfin, il convoquait chez lui une plus nombreuse compagnie, et la harangue, soigneusement corrigée, retrouvait devant ce public d'élite un succès aussi doux à l'auteur que les applaudissements du premier jour. Chaque plaidoyer devenait un régal offert à la petite société des < honnêtes gens ». Au fond, c'était bien un peu pour elle qu'il était fait. Pline fut un des premiers, le premier peut-être, à donner ainsi lecture de ses discours. Il semble qu'on l'en ait critiqué assez vivement. Il s'est justifié tout au long dans une de ses lettres *. Puisqu'il est permis d'apporter aux récilalions des tragédies et des pages d'histoire, pourquoi refuserait-on ce privilège aux morceaux oratoires? — Pline, en somme, avait raison à sa manière. Il ne faisait que suivre jusqu'au bout l'exemple que tout son temps lui donnait. Mais ce qui était arrivé à la tragédie* et à l'histoire devait arriver aussi à l'éloquence. Du jour où l'usage s'établit de lire les discours, on dut naturel-

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