‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 14 sur 165 · XXII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXII NOTICE BIOGRAPHIQUE

• que Von veuA, écrira-t-il plus tard... mais la certitude est dans c un sentiment intime^ dans une adhésion de tout Vétre, du c ccBur comme de Vesprit, dans un entraînement puissant qui c vous soulève et vous fait agir. Cela s'appelle la foi, et c^est la € seule chose raisonnable, parce que c'est la seule qui satisfasse c la conscience,.. Au bout du raisonnement^ il n'y a que la pro-

• babilité, i Mais le sentiment nous conduit à Dieu... Concluons donc qu*il faut croire. Ne cherchons pas à comprendre et humilions-nous. — La poésie tout entière de Grousset porte des traces évidentes de cette doctrine métaphysique qui fait de Thomme, privé de la révélation, la dupe de lui-même. En un sens, sa religion ne fut que du scepticisme à rebours. Cet esprit d'analyse qui l'avait perdu vécut à côté du christianisme reconquis. Le doute réclamait sa part ; ce fut la raison quMl lui donna.

Qu'un tel sacrifice soit dangereux pour les croyances mêmes que l'on veut défendre, cela est certain. Mais Grousset y fut entraîné par les ardeurs de la lutte, et l'opposition qu'il vit entre la science et la foi fut le résultat de ces désenchantements, de ces tristesses que le besoin de connaître avait laissées en lui. La religion se présenta à ses yeux comme une consolatrice qu'on accueille sans examen. C'est en lui-même, par l'analyse morale, que Grousset trouva la certitude de la foi: C'est par le cœur qu'il fut chrétien, et il se demanda comme Pascal à quoi servait de connaître Dieu, sans l'aimer. Dieu, objet de l'amour encore plus que de la pensée, présent à l'âme, agissant en nous, tel fut le credo de cette âme simple et profondément chrétienne. Il se livra à sa croyance sans conditions et comprit à merveille que ce Dieu caché ne se devine que par le sentiment du cœur. Sa religion fut un immense optimisme. Le moindre désir, la moindre peine de l'homme de bonne volonté lui parut d'un prix infini devant rËternel, et sa reconnaissance fut sans bornes envers Celui dont il sentait la bonté partout présente dans l'univers.

Deux mois après sa conversion, il écrivait, commentant un verset de l'Évangile, i Je vous laisse ma paix^ je vous donne c ma paix. — Je commence à la connaître, cette paix intérieure, c sentiment profond, irrésistible, au-dessus de tout... MonDieu^

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