NOTICE BIOGRAPHIQUE XXIII
c il fait ban id! Lressons-y nos tentes et restons. Que de fois je c me suis dit cela. Il y a ainsi des heures où f aurais voulu c rester f rester toujours, i Qu'il y a loin de ces pages tranquilles aux fragments désolés du mois d'avril ! Les souffjrances par lesquelles il avait passé furent pour lui un doux souvenir. On peut dire qu'à ce moment il connut Tivresse de la vie religieuse. Il songea même au sacerdoce, et s'il en fut détourné, si des affections de famille ne lui permirent pas de s'arrêter longtemps à cette idée, il n'en conserva pas moins un penchant à Tapostolat. Il aima à agir, discrètement, sur les consciences, et dès cette époque l'idée religieuse, en lui, domina tout. C'est elle qui inspire ses vers, elle encore qui le guide dans ses travaux. Il songeait même à une apologie du christianisme. Il comprit alors tout le rôle des sciences historiques et se demanda si l'histoire ne devait pas être la base d'une théologie nouvelle, plus moderne, plus scientifique. Dans ce but, il se mit à étudier avec ardeur la critique et Texégèse contemporaines. Parmi les notes qu'il a laissées se trouvent quelques lignes inachevées sur la méthode qu'il comptait suivre. Cest une esquisse de l'histoire de PÉglLse, et peutêtre que cette œuvre si souhaitée, lui-même l'eût entreprise! 11 eût représenté le christianisme comme le terme final de révolution religieuse de Thumanité et montré comment cette religion parfaite se complète et s'éclaire dans le temps avec l'assistance de l'Esprit qui la gouverne. L'idée de progrès, conclusion naturelle des sciences, était pour lui le résumé de l'Évangile. Certes, une telle œuvre n'eût manqué ni d'originalité ni de grandeur. Ses travaux d'École l'en détournèrent, et, depuis, il songea en vain à la reprendre. Sa vie si courte ne lui en laissa pas le temps.
La préparation à l'agrégation des lettres occupa l'année 1882. Grousset passa brillamment son examen au mois de septembre»