‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 141 sur 165 · Insl, or.t III · texte numérisé non relu

Insl, or.t III

Ce n'était pas une besogne aiséo que de relier entre elles toutes les parties d'un tel sujet. Nous avons vu que Pline semblait fier de ses transitions : mauvais signe assurément. Boileau, lui aussi, parle volontiers des siennes; et la peine qu'elles lui coûtent est restée assez visible. Quand les transitions prennent tant d'importance aux yeux d'un auteur, et surtout de l'auteur d'un discours, on peut être sûr qu'elles ne seront point du tout excellentes. On sentira l'effort; on s'apercevra que le sujet ne portait pas l'orateur; on entreverra l'orateur lui-même derrière son œuvre, très occupé à en relier habilement les divers morceaux. C'est l'impression que nous laisse la lecture du Panégyrique, Au bout de chaque développement, Pline intervient en personne; il résume ce qu'il a fait et annonce ce qu'il va faire; il nous prend par la main et nous mène doucement dans un autre compartiment de son discours. Puis il se retire un instant, fort content de lui, et se tient prêt à revenir tout à l'heure. Il nous apprend qu'une pensée vient de lui en inspirer une autre ^ Il se demande s'il louera le consulat que Trajan a accepté, ou bien celui qu'il a refusé '. D'abord, il s'occupe du premier; ensuite, il se retourne vers son public. < J'ai fait, lui dit-il, Télqge du consulat accepté; je m'en vais faire maintenant l'éloge du consulat refusé'. » Par moments, il se reprend lui-même. < Pourquoi me suis-je attardé à passer en revue tant de détails *? » Il prévient les objections qu'on pourrait faire à son plan : c Je n'ai point voulu passer sous silence, pères conscrits, ce qu'a fait le prince dans son consulat, mais j'ai voulu réunir en un même lieu tout ce que j'avais à dire du serment qu'il a prononcé ^. » U veut nous

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