Pan
persuader que son sujel est fort beau : « Je n'ai point à traiter une matière stérile et pauvre, où il faille étendre et diviser un môme genre de mérites pour en faire plusieurs fois réloge ^ » Enfin, vers le quatre-vingt-quatorzième chapitre, il nous annonce que son discours touche à son terme, et qu'il va prier les dieux immortels. Il nous rappelle sans cesse qu'il est la devant nous, lui, Pline, consul, grand orateur de son métier, et qu'il nous débile un discours construit dans les règles. Il veut que nous assistions à son travail de composition ; il nous fait les honneurs de son esprit : on dirait qu'il a peur que son sujet ne fasse oublier sa personne.
Cette perpétuelle intervention de l'auteur est déplaisante, et l'on est vite las de ce < moi » indiscret qui reparaît à chaque page. Il y a de la gaucherie dans toutes ces petites adresses. On sent trop l'érudit qui se complaît à son œuvre, qui travaille pour sa propre satisfaction, et qui sourit en se regardant faire. C'est un peu là un défaut d'école. Pline n'a pas assez oublié ce qu'il avait appris chez son maître de rhétorique. II est resté toute sa vie un c scholasticus ». Il s'en vanterait au besoin, il en ferait gloire. < Isée, dit-il quelque part, a passé la soixantaine et il est resté homme d'école : rien ne donne à l'esprit plus dé sincérité, plus de droiture, rien ne lui vaut mieux '. » On en peut douter en lisant le Panégyrique. L'élève de Quintilien n'a jamais su dépouiller tout à fait le pédantisme précoce d'un élève brillant qu'on a trop loué. Tous les procédés qu'on enseigne sont doctement mis en œuvre dans son discours.
Il n'y en a pas que Pline ne connaisse, il n'y en a presque pas qu'il n'emploie. Mais ces figures, dont il se vante lui-même de savoir user si bien, sont parfois étrangement amenées. L' c apostrophe » a son rang dans les catalogues