Ép., II
des rhéteurs; et Quintilien a pu louer avec raison la fameuse invocation de Cicéron aux collines et aux bois sacrés des Albains. Est-ce une raison pour que Pline s'en aille apostropher tout à coup les sièges de la salle où il se trouve? < Interrogeons les sièges, s'écrie-t-il, et demandons-leur s'ils ont jamais vu des larmes d'empereur M > La c comparaison » fournit parfois de beaux effets. Pline le sait : il comparera donc. < Telle est, la nature des astres, que les plus grands effacent en se montrant l'éclat des moindres; pareillement Tarrivée du prince obscurcit la majesté des lieutenants *. » Cette manière pédante de présenter une idée fait sourire un peu : on songe malgré soi au compliment de Thomas Diafoirus et à la fleur nommée l'héliotrope.
Ce ne sont là que des traits épars. On trouverait des développements entiers qui viennent tout droit de < l'officine des rhéteurs ». Trajau, après son second consulat, en avait refusé quelque temps un troisième, malgré les instances des sénateurs. Pline imaginera d'exposer les raisons qu'on aurait pu alléguer pour convaincre le prince. Rome ne vat-elle pas croire que Trajan regarde cet honneur comme indigne de lui? < Sans doute, il l'estimait très haut tout en le refusant : mais c'est une chose qu'il ne persuadera à personne, s'il ne finit par l'accepter un jour. » D'ailleurs, ce n'est point à Rome qu'il a exercé son second consulat. € Nous avons appris, continue Pline, que vous aviez rempli tous les devoirs d'un consul, mais nous n'avons fait que l'apprendre, l'équité veut que nous en jugions par nousmêmes... L'école nous enseigne que quiconque possède une vertu les réunit toutes : nous désirons cependant savoir si c'est la môme chose qu'un bon consul et un bon prince '. » On reconnaîtra aisément l'origine de cette argumentation
. 1. Pan., 73.