‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 145 sur 165 · Pan · texte numérisé non relu

Pan

modèle et parle de cet orateur qui, « mécontent de l'éloquence contemporaine, croit devenir l'émule de Cicéron ' >. La critique ne déplut guère à Pline, puisque lui-môme nous Ta racontée. On dirait qu'il a voulu la justifier au début du Panégyrique : c C'est une belle et sage institution de nos ancêtres, pères conscrits, de préluder par des prières, non seulement aux actions, mais aux simples discours, puisque l'homme ne peut rien entreprendre sous de bons auspices et dans un esprit de prévoyance si les dieux honorés d'un juste hommage ne le soutiennent et ne l'inspirent *. » Rien de plus grave, de plus antique. Mais ce ton ne se soutient guère. Entre Cicéron et Pline, il y a Sénèque. On a beau dire du mal de lui, on l'a lu cependant, et l'auteur des Lettres à Lucilius n'est pas de ceux qu'on lit impunément. Son influence persiste sur ceux même qui veulent réagir contre elle. Il y a un peu de Sénèque chez Quintilien lui-même. Il y en a plus encore chez Pline. Les périodes solennelles finissent brusquement en pointes. Les développements se résument dans une petite c sententia » où l'on oublie la pensée pour ne plus voir que l'ingéniosité de l'expression. A chaque instant on rencontre ces oppositions d'idées ou de mots si chères aux écrivains du règne de Néron. L'antithèse est à toutes les pages du Panégyrique^ heureuse quelquefois, trop souvent puérile. C'est ainsi que Pline aime à « entremêler les œuvres sérieuses de traits et de jeux d'esprit^ ». Trajan, qui a refusé le titre officiel de < patér patriae >, aura eu, lui seul, ce bonheur d'être < père de la patrie avant de le devenir * ». Il a toujours respecté les volontés de Nerva : c'est donc « par l'obéissance qu'il est parvenu à l'autorité '^ » ; et c jamais il

\, Ép., 1, 5.

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