‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 146 sur 165 · Pan · texte numérisé non relu

Pan

n'a si bien agi en sujet qu'au jour où il a commencé à être souverain ». Son père d'adoption, qui s*est choisi un si digiie successeur, est c d'autant plus regrettable qu'il a fait en sorle de n*êlre pas regretté * ». L'empereur enfin s'est si bien soumis à tous les anciens usages en briguant le consulat, que < d'autres ont mérité cet honneur avant de le recevoir, mais que lui l'a mérité en le recevant ' ».

On reconnaît là ce < bruit de mots vides », ces « jolies tournures emmiellées », que Pétrone reprochait aux écoliers de son temps. Les jeunes gens aimaient toujours Sénèque , et Pline avoue qu' « il faut bien donner quelque chose au goût des jeunes gens ' ». Mais, dans les Lettres à LuciliuSy on trouve le plus souvent un fond solide sous l'éclat un peu faux de l'expression. Les antithèses n'y sont pas toujours creuses. Les < sententiae » y veulent dire quelque chose : beaucoup ont une valeur morale, une portée philosophique. Pline est bien Thomme du monde qui ressemble le moins à un philosophe. Lorsque dans ses lettres il entreprend d'en louer un, il le félicite de parler avec abondance, de vivre purement, et d'avoir une belle barbe blanche *, Aussi rien ne lui sied-il plus mal que ces airs de moralité qu'il se donne parfois dans le Panégyrique. Il débite gravement des maximes si vraies qu'elles le sont trop, c Telle est la condition des mortels ({ue le mal y naît du bien et que le bien y naît du mal ^. » D'autres sentences, au contraire, qui veulent être profondes, nous paraissent d'une vérité fort contestable. On pourrait souvent les retourner : elles n'en vaudraient pas moins ; on sent qu'elles ne sont là que pour les besoins de la circonstance. < Le vrai bonheur ^ consiste à paraître

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