‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 147 sur 165 · Pan · texte numérisé non relu

Pan

digne de bonheur. » — cil est beau de l'être préservé de tout vice, plus beau encore d'en avoir préservé les tiens *. » — c Ce sont les plaisirs, oui, les plaisirs qui montrent la gravité, la tempérance, la gravité des mœurs de chacun '. » La philosophie étudiée pour elle-même avait autrefois fourni à l'éloquence de larges développements généraux. La philosophie, mise au service de la rhétorique, ne lui prête plus que ces maximes subtiles ou paradoxales. Il semble que Pline le Jeune cherche comme Figaro « quelque chose de brillant, de scintillant, et qui ait l'air d'une pensée ». Ces c éclairs du discours », lumina orationis, étaient nécessaires pour tenir constamment en éveil l'attention de l'assemblée.

La recherche du trait semble une conséquence naturelle du système des lectures publiques. Le Panégyrique nous la montre sous toutes ses formes, dans le style même aussi bien que dans la tournure des pensées . Les auditeurs savaient d'avance à peu près tout ce qu'on allait leur dire. Ils n'avaient donc qu'à s'attacher au détail de l'expression. Pline n'a point épargné sa peine pour les satisfaire de ce côté. Dans son œuvre, tout est cherché, travaillé, tout vise à l'effet. La moindre chose y est dite d'une manière extraordinaire. Les phrases deviennent précieuses : si les sénateurs ont applaudi, l'empereur < démontre la vérité de leurs acclamations par la bonne foi de ses larmes ^ » . L'expression se contourne et se tourmente : Trajan n'a point « parcouru le monde par ses pieds plus que par sa gloire », nonpedibm ma gis quant laudibus peragrare *. Cela est détestable en français : est-ce beaucoup meilleur en latin? Le grand défaut, on le sent bien vite, c'est l'absence de naturel. Pline n'est pas un esprit assez original pour avoir une manière d'écrire

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