‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 150 sur 165 · Ép., VII · texte numérisé non relu

Ép., VII

et Tempereur est de tout point admirable. Le ton est donné dès le début : « Souvent, pères conscrits, je me suis représenté en moi-même combien de grandes qualités sont nécessaires à celui dont la main souveraine doit régir les mers, les continents, les guerres et la paix, et, tout en créant au gré de mon imagination le modèle d'un prince, il ne m*est jamais arrivé d'en souhaiter, encore moins d'en concevoir un qui ressemblât à celui que nous voyons ^ » En un mot, Trajan est le prince idéal. Rien ne lui manque : il réunit les perfections du corps à celle de l'âme, et si le grand homme commence à grisonner, ce sont les dieux mômes qui ont paré sa tête afin de la rendre plus vénérable *. Dans une si belle vie, « il n'est pas un seul instant qui soit stérile pour la bienfaisance ou perdu pour la gloire ^ > . Si Tempereur a refusé quelque temps le consulat, c'est par modestie; s'il l'accepte, c'est par modestie encore, et pour ne paraître point mépriser un honneur qui n'ajoute rien à sa puissance. S'il livre une bataille, quelle valeur! s'il n'en livre point, quelle prudence et quelle modération ! Rétablis par Nerva, les pantomimes ont été supprimées de nouveau par Trajan. Eh bien, tous deux ont eu raison. Cela ressemble à une gageure : mais Pline va s'expliquer : « Ne fallait-il pas rétablir ce divertissement, puisqu'un mauvais prince (Domilien) l'avait supprimé ? Une fois rétabli, n'était-il pas convenable de le supprimer *? » Tout ce qu'a fait Trajan est bien fait, et Rome ne saurait avoir payé trop cher le bonheur de vivre sous un tel maître. On sait les troubles qui amenèrent le vieux Nerva à désigner son successeur, c Un grand scandale a déshonoré le siècle... L'empereur, le père du genre humain, assiégé, captif, emprisonné!.. Toutefois, si la fortune n'avait que ce

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