‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 153 sur 165 · Fan · texte numérisé non relu

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servitude. Quand avezvous entendu, quand avez-vous dit rien de semblable? La crainte est fertile en inventions, mais ce qu'elle invente porte un caractère de contrainte. Les heureux ont leur langage.comrae les malheureux; et, quand les uns et les autres diraient les mêmes choses, ils les diraient d'une manière différente *. » Est-ce là un procédé oratoire, un simple artifice d'école? Il nous semble que non. Le Panégyriquej cette œuvre si fausse dans la forme, est profondément sincère dans le fond. Pline a raison de dire qu'il n'est point un flatteur. 11 aime Trajan, il l'admire, il est heureux d'avoir à parler de ses vertus. La louange lui vient du cœur : seulement elle passe par l'esprit et s'y gâte. N'importe : on sent parfois le sentiment vrai sous cet amas de pointes et d'hyperboles. Il y a des moments où l'homme paraît, malgré Tauteur, et où l'éloquence arrive, malgré la rhétorique. Cette monotonie dans l'éloge, qui d'ailleurs était presque une nécessité du sujet, ce parti pris de s'émerveiller à chaque page, cette affectation de langue et souvent de pensée, ces efforts continus pour dire les choses d'une manière piquante, tout cela peut, à la longue, rendre l'œuvre fatigante et rebuter le lecteur. Mais l'ensemble n'est ni odieux ni ridicule, comme devait l'être, par exemple, l'éloge funèbre de Claude composé par Sénèque le Philosophe.

Nulle part on ne sent mieux l'accent personnel que dans les chapitres où Pline évoque ses souvenirs du règne de Bomitien et met en face du bonheur présent les tristesses du temps passé. Le rapprochement était tout indiqué; il s'imposait à l'auteur, qui du reste a pris soin de s'expliquer luimême. « La louange, dit-il à ses auditeurs, ne reçoit tout son prix que delà comparaison*. »I1 se trouve que les comparaisons forment aujourd'hui la partie la plus intéressante de

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