‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 158 sur 165 · Pan · texte numérisé non relu

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différente, il perpétue encore l'ensemble des institutions nationales. C'est dans la personne de Tempereur que s'est incarnée, pour ainsi dire, toute la grandeur de la chose romaine. L'État, c'est lui : le mot est vrai sous tous les gouvernements absolus, il se trouve déjà dans le Panégyrique. (( En lui nous existons, en lui réside la république ^ » Le premier de tous les vœux qu'on peut faire, celui qui contient tous les autres, a summa votorum », c'est de souhaiter un bon empereur. La maxime de Pline et de tout son temps est celle qu'a exprimée Tacite : << Bonum principem optare, — qualemcunque tolerare » : Désirer un bon prince, supporter le prince quel qu'il soit. — Quand Rome est malheureuse, et que c'est un Néron ou un Domitien qui gouverne, elle ne songe point à une réforme qui bouleverserait ses institutions. Une pareille idée répugne à l'esprit latin. On accuse un empereur, on n'accuse pas l'empire. Au-dessus de ces Augustes bons ou méchants qui disparaissent l'un après l'autre, on entrevoit et on vénère cet Auguste impersonnel dont le culte, associé au culte de Rome divinisée, s'était répandu dans toutes les provinces du monde.

Le Panégyrique deTrajan est empreint de cette religion politique qui sanctifie le patriotisme romain, et dont la dernière forme avait fini par être, sous l'empire, une véritable conception de ce qu'on a nommé plus tard « le droit divin ». Pline a ce genre de foi. Il honore sincèrement ce que les siècles passés ont légué à son siècle. Il veut « se comporter dans la république en homme qui croit que la république existe ' ». Pendant son année de tribunal, il s'abstint de plaider par respect pour la majesté de cette charge. Ce n'était point là une religion tout extérieure, une simple « dévotion de calendrier » qu'on garde par routine, sans se l'expliquer, sans la com-

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