NOTICE BIOGRAPHIQUE XXIX
lions du Bon Pasteur. Ces études aboutirent à un mémoire sur les sarcophages chrétiens des premiers siècles. Nous n'insisterons pas sur ce travail, auquel rendait hommage, dans un récent article de la Revue critique^ le savant professeur d*histoire de la Faculté des lettres de Lyon, M. Bayet. C'est une histoire du bas-relief chrétien, et Grousset Ta faite avec la méthode d'un historien et le goût d'un critique d'art. Montrer comment l'art chrétien du bas-relief s'est formé, ce qu'il emprunte aux modèles antiques, à quelle époque il devient original, puis comment, ainsi créé, il se modifie avant de disparaître, tel est l'objet de cette étude. Elle a conduit Grousset à une conclusion générale d'une justesse absolue : c'est que l'art, comme toutes choses, n'est que le produit de progrès insensibles, et que le génie humain, pas plus que la nature, ne fait de sauts dans ses créations, c L'artf dit-il, n'a guère de brusques changements; il se modifie par transitions progressives. Chez lui^ rien ne meurt tout, entier, rien ne commence tout à fait. Une grande partie de ce qui est s'eocplique par ce qui a été, »
Ce premier essai d'archéologie chrétienne montre quels services la science eût pu attendre de ce lettré si fin et si souple. Cette année 1884 fut d'ailleurs bien remplie et lui rendit le séjour de Rome plus supportable. Ses relations mondaines s'étant étendues, il se trouvait d'abord moins isolé. Vers le mois d'avril, d'autres préoccupations vinrent le divertir. Il avait vu peu à peu une amitié d'enfoncé se transformer en un sentiment plus tendre. Il s'en ouvrit à son père dans un voyage en Ombrie et revint en France quelque temps après, pour son mariage, qui fut célébré dans le Gard, à Aubais, le 2 juillet 1884. Il repartit aussitôt avec sa jeune femme pour l'Italie, voulant terminer à Rome son temps d'étude et revoir ses villes préférées, Florence et Venise.
Ce voyage, ne fut hélas! qu'un long adieu. Sa santé, qui n'avait jamais été très bonne, eut beaucoup à souffrir d'un mois de septembre passé en Italie. A son retour, une bronchite,, contractée dans les Alpes, acheva de la compromettre. Il s'en remit cependant, mais les traces de la maladie subsistèrent, et ce fut dans ce corps déjà affaibli que le mal se déclara. Par