‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 22 sur 165 · XXX NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE BIOGRAPHIQUE

malheur, les nouvelles fonctions de Grousset aggravèrent encore son état. Il avait demandé une conférence de littérature française à la Faculté des lettres de Lyon. Ce fut une conférence d*archéoIogie grecque, à Grenoble, quMl obtint. Il s'y rendit avec un véritable regret. Autour de lui, on ne l'avait pas vu partir sans inquiétude; mais lui-même ne redoutait alors que les difficultés d'un enseignement un peu nouveau pour lui. Dès son arrivée, il se hâta de rassurer les siens. « Je croiSy écrit-il le 5 novembre, qUe cet air vif me fera du bien, d Et puis, des occupations nombreuses vinrent dis* traire son attention. < C'est, disait-il, une installation à ter" miner f des cours sur les institutions à faire... » Et il se mit au travail, réunissant des matériaux, apprenant au moins autant que ses élèves et songeant, en dépit de Tarcbéologie, à une thèse toute littéraire sur la société des Libertins et Saint- Ëvremond.

11 était à peine installé à Grenoble qu'il dut en partir. Le climat le tuait. Vingt jours après son arrivée, un de ses frères vint l'enlever, presque malgré lui, et ce fut à Hyères qu'il alla passer l'hiver. Ce séjour sembla d'abord lui faire du bien. « JTen arriverai à être ravi, écrivit-il à son père le 4 décembre, de cette indisposition qui va nous réunir. > Les lettres qu'il écrit à ce moment ont une certaine bonne humeur qu'il éprouvait lui-même* Il se croyait sinon guéri, du moins en voie de guérison complète. « On serait souffrant par plaisir^ dit-il un peu plus tard, rien que pour se faire dorloter comme moi. Je n'ai rien eu de grave, un peu de faiblesse seulement^ » et il s'étend, avec un certain plaisir, sur l'emploi de son temps et les remèdes qu'on lui donne.

Cette amélioration ne dura pas. Les premières semaines de l'année 1885 furent mauvaises. Les nouvelles qu'on nous envoyait éveillaient nos inquiétudes, et nous songions déjà avec épouvante à la possibilité d'un dénouement. La maladie de poitrine gagnait chaque jour et lui enlevait peu à peu ses forces. A la fin de février, 11 en était venu à pouvoir à peiné se soutenir. Il restait alors des heures entières, étendu, lisant beaucoup, travaillant toujours et passant son temps à corriger

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