XLVIII NOTICE LITTÉRAIRE
à donner une satisfaction aux aspirations les plus élevées de notre être, aux besoins les plus impérieux de notre nature. Lorsqu'on est arrivé à ce terme de la déduction, il ne reste plus qu'un parti à prendre : c'est de se résoudre à faire cet acte de foi, où la volonté a autant de part que la raison, mais qui s'impose comme une nécessité logique. Sans doute, pour arriver par cette méthode à la croyance, il faut faire effort et peut-être se faire violence. Mais ne doit-il pas en être ainsi? N'est-ce pas pour avoir cherché Dieu, et peut-être pour l'avoir cherché en gémissant, qu'on mérite de le trouver? La foi est une récompense. — Le poète poursuit cette discussion avec une grande âpreté de logique. La foi est devenue plus difficile, les preuves séculaires ne nous suffisent plus. Dieu s'est caché; pourquoi?
Pourquoi? — Pour que blâmant Puaiversel blasphème
L*homme veuillef malgré vous tous, malgré lui-même,
Croire — et vous tyrannise avec sa volonté ;
Pour qu'au lieu de subir révidence il la crée,
Et que la foi du coeur soit la palme sacrée
Dont aucun n'est fait digne avant d'avoir lutté i.
Qu'il y ait dans de telles idées de l'exaltation et du mysticisme, nous ne le nierons pas. Mais cela, venant d'un jeune homme, ne doit ni choquer ni surprendre, et c'est une preuve de plus de la sincérité du croyant. Et, à coup sûr, ce n*est point une chose banale que cette œuvre ainsi inspirée par la lutte d'une âme avec elle-même.
A côté de ces pièces, notre recueil en contient quelques-unes qui permettent d'apprécier la variété du talent de l'écrivain. Les Jeunesses étemelles témoignent de la plus délicate sensibilité. Les vers à Polichinelle montrent comment le poète savait assouplir son style dans les morceaux de légèreté. Enfin, dans les pièces intitulées Stances, Premier amour, Paisiblementy on peut deviner quelle est sa conception de l'amour. C'est pour lui un sentiment grave et profond, né du besoin de sortir de soi-