L NOTICE LITTÉRAIRE
pement litléraire de notre temps. Les romantiques ont divinisé la passion, les écrivains d'aujourd'hui Pont étrangement rabaissée : des deux côtés on a perdu Téquilibre. Écho de cette double tendance, la génération d^aujourd'hui voit dans Tamour un sentiment bizarre qui peut nous mener aux deux extrémités de notre nature, à Textrême délicatesse ou à l'extrême lâcheté, mais jamais au jeu facile et sain de nos facultés, et au libre développement de noire être. Aussi fallait-il une véritable originalité au jeune écrivain, pour lire tout simplement en luimême et traduire avec sincérité des sentiments qui venaient bien de lui. Il eût essayé de faire rentrer dans notre littérature rimage d'un amour simple et fort, dégagé des adorations vaines et des tortures factices, également éloigné du mysticisme et de la mièvrerie et qui aurait bravé ce ridicule, d'être raisonnable. C'est ainsi que chez Grousset l'homme a fait le poète : et nous trouvons à chaque page de ses écrits poétiques la foi émue du croyant, la sensibilité, la droiture d'une âme d'élite.
Nous donnons encore quelques fragments de la correspondance de Grousset, ceux qui nous ont semblé contenir le plus de renseignements sur sa vie, ses idées, son caractère. Les meilleures de ses lettres n'ont pu trouver place dans ce recueil, parce qu'elles étaient d'une nature trop intime : et nous le regrettons. Il est de ces lettres qui sont toutes pleines des efifusions d'un cœur aimant, des sci'upules d'une conscience
raffinée. Néanmoins celles que nous publions serviront à compléter et à préciser [sur quelques points la physionomie de Grousset. Elles y serviront d'autant mieux, que ce sont là des lettres sincères et de bonne foi. Rien de préparé, rien d'arrangé. Grousset fut très en garde contre ce travers des gens d'esprit qui conservent toujours le souci de leur esprit, que ce soit en face d'un parent, d'un ami ou d'eux-mêmes. Il ne se résigna jamais à « faire la lettre ».
Ainsi, dans les lettres datées d'Espagne ou d'Italie, on chercherait vainement un bout de description. En revanche, on y