‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 52 sur 165 · SUR DEUX VERS DE LUCRÈCE · texte numérisé non relu

SUR DEUX VERS DE LUCRÈCE

Que ses sens projetaient leurs songes dans l'espace Et fabriquaient ce monde éphémère où tout passe Avec Tesprit qui l'a conçu.

sons harmonieux, qu'êtes- vous sans l'ouïe?

Arômes envolés des champs après la pluie, Qu'êtes- vous, qu'étes-vous sans un réseau de nerfs? Et toi, sainte clarté, sous qui le ciel se dore, Lumière, où seras-tu quand un jour qu'on ignore Fermera tous les yeux ouverts?

Multiple illusion, spectre de la matière, débile splendeur, tu péris tout entière Dès que l'organe humain s'est détourné de toi. Et rien ne reste plus de ta brève existence Que le vide éternel, inconcevable, immense.

Qu'on ne peut rêver sans effroi.

Et là, sombre Psyché, frissonnante, éperdue, Ne sachant quels destins l'ont un jour suspendue Dans le morne désert où tous les* dieux sont sourds. Fuyant le tête-à-tête avec son impuissance, L'âme, sous les débris qu'entasse la science

Ghorche quelqu'un, cherche toujours.

École normale, juillet 1882.

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