Ibid
ils rien à dire encore sur les fondements des sociétés, sur rinégalité des conditions, sur l'origine des pouvoirs, sur les principes et la valeur de la justice humaine. Ce sont là des questions qui ne se posent guère alors, par cela même qu'elles sont implicitement résolues. La politique est « vraiment divine * » ; « la justice est établie sur la religion », et cette religion a pris sous sa protection TÉtat social existant. < L'Église a tant travaillé pour l'autorité des rois qu'elle a bien mérité qu'ils se rendent protecteurs de la sienne... Elle a fait un des articles de sa foi de la sûreté de leur personne sacrée, un devoir de sa religion de l'obéissanqe qui leur est due ". » Sur de pareils sujets, la philosophie n'a donc plus qu'à se taire. Ce n'est point à elle qu'on ira demander les principes d'une politique. C'est aux livres sacrés. La politique se tire de l'Écriture sainte. Il est aisé de voir combien la raison, réduite à ses propres forces, est alors tenue écartée de ces questions réservées, qui sont toujours, comme nous l'avons dit, les questions d'ordre pratique. Dans cette incontestable richesse de production philosophique, où donc trouverons-nous une morale comme nous trouvons une logique ^? Descartes se tait. Une voix, une seule peut-être se fait entendre, celle de Malebranche. Mais c'est que Malebranche est un théologien en môme temps qu'un philosophe, un prêtre de l'Oratoire aussi bien qu'un disciple de Descartes: c'est que pour lui la foi et la raison se pénètrent et se confondent. Sa morale a besoin d'une révélation et ne saurait s'en passer. Elle repose sur