‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 67 sur 165 · Secrets de la nature · texte numérisé non relu

Secrets de la nature

peine de changer; lecteur assidu de Pomponace et de Cardan, et répandant leurs idées du haut d'une chaire sacrée; mettant, dans des jours de prudence, la souplesse de son talent au service de la Compagnie de Jésus, écrivant pour elle et contre les athées deux dissertations et un grand ouvrage * ; reprenant bientôt après ses véritahles sentiments, les glissant après Texamen des censeurs dans un ouvrage qu*il va publier * ; passant enfin sa vie à se démentir ', et ne jetant le masque qu'en face de la mort ; Vanini, avec ses défauts, pouvait être le vrai philosophe de cette société épicurienne qui n'osa le soutenir, et qui, du jour où il se fut imprudemment découvert, s'empressa de faire le silence autour de lui, de l'oublier, de renier une amitié compromettante, tout en gardant au fond de l'âme l'impression profonde des pensées qu'il n'avait cessé de répandre sur son passage.

A deux reprises, il vint à Paris et y séjourna. Nous l'y trouvons d'abord en 1610; mais il ne reste alors qu'une année environ, et doit s'exiler pour une affaire d'homicide. Il passe alors en Angleterre, puis revient en 1614, et demeure jusqu'en 1616. Nul doute qu'il n'ait rencontré bon accueil. Déjà renomme pour sa science, il eut bientôt de brillantes relations; il vint à la cour; il semble avoir connu familièrement plus d'un haut personnage. Le comte de Cramail est réputé son disciple * ; le fameux Bassompierre l'a pris en

Page 1