Secrets de la nature
3. Il écrit dans les Secrets de la nature : « J'ai écrit beaucoup de choses dans V Amphithéâtre auxquelles je n'ajoute pas la moindre foi. Cosi va il mondo, »
4. Voyez son historiette dans Tallemant. « Il fut un des disciples de Lucilio Vanini. » Selon Tallemant, « il disait une assez plaisante chose. — Pour accorder les deux religions, il ne faut que mettre vis-à-vis les uns des autres, les articles dont nous convenons, et s'en tenir là. Et je donnerai caution bourgeoise à Paris que quiconque les observera sera bien sauvé. »
affection, et reçoit la dédicace d*un de ses ouvrages * ; le jeune abbé de Redon, Arthur d'Épinay de Saint-Luc, prêtre mondain qui sera bientôt évoque de Marseille (mais évoque fort peu résident), lui ouvre sa maison, lui donne place à sa table, et lui accorde une pension. C'est surtout auprès de la jeunesse que réussissait le prêtre philosophe. Élégant, bien fait, fort peu gêné par son petit collet, il aimait les conversations un peu libres où Ton peut laisser entendre toute sa pensée; il les assaisonnait au besoin de gaillardises qui ne déplaisaient pas. Il avait une manière à lui de conter le raisonnement d'un athée qu'il avait rencontré par hasard, de développer tout au long les arguments du malheureux, et puis de n'y rien trouver à répondre. Il parlait assez complaisamment des auteurs qui avaient nié Timmortalité- de l*âme, et, quand on attendait sa conclusion, il jurait de ne traiter pareille question pour son compte qu'au jour où il serait devenu « vieux, riche, et Allemand * ». Il montrait, parmi les changements perpétuels de toutes choses, les religions soumises elles-mêmes à la loi commune, a II n'y a pas de raison, disait-il, pour qu'elles échappent à ces vicissitudes. Aussi peut-on affirmer que celles d'à présent ont existé dans le passé, et que celles du passé sont en train de revenir. » Puis, s'arrêtant tout à coup, il ajoutait : < Voilà de belles horreurs, sorties comme d'un germe des subtilités de notre philosophie ^ ; » et, pour bien se rétracter, il s'écriait bien dévotement : « Ajoutons foi aux paroles de l'Église, — et croyons humblement aux saintes apparitions grégoriennes *. » En vérité, la réparation n'était guère moins irrévérencieuse que la faute; et c'était encore une singulière malice que d'aller choisir entre tous les sujets