Rosset, Histoires tragiques
3. Gramond* (Historiarum Galliœ ab excessu Henrici IV, libri XVIII.) Cité par Victor Cousin, Fragments philosophiques,
Cet épouvantable spectacle fit réfléchir tous ceux qui avaient connu « l'exécrable Vanini ». Ses bons amis i'évêque de Marseille et le comte de Gramail se gardent bien d'élever la voix en sa faveur. Son disciple toulousain, le baron de PAnat, refusera bientôt * de donner asile à un confrère en libertinage qui fuit la persécution ^. Un mouvement général de réaction a commencé contre tous les instincts d'indépendance. Les troubles politiques sont terminés avec Tarrestation de Condé. L'autorité semble partout triompher, et les bons esprits commencent à réclamer hautement contre les désordres des « beaux esprits ». Déjà, en 1614, les cahiers généraux du clergé demandaient aux états généraux le bannissement ou le supplice des athées. L^opinion s'émeut contre eux; et le Mercure de 1619 est heureux quand il peut rapporter quelques-uns de ces supplices qui sont les c actions mémorables faites en France contre l'athéisme ». « blasphème 1 ô impiété, ô monarque 1 ô magistrats, s'écrie un pamphlet du temps, laisserez-vous toujours ces monstres sur la terre '? » Le jour n'est pas loin où Balzac, revenu de ses erreurs, parlera de « la corruption de ce siècle où presque tous les esprits se révoltent contre la foi * » ; où Mersenne comptera les athées de Paris par cinquante mille, a plus dangereux que les Ottomans » ; et où le révérend père François Garassus écrira contre eux son Volumineux réquisitoire, œuvre étrange, toute débordante d'une verve pédante à la fois et populacière, qui frappe toujours fort et touche quelquefois juste ^.