‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 75 sur 165 · Id · texte numérisé non relu

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un mal imaginaire. Nous sommes à Tëpoque où s'établit la renommée de Lamolhe-le-Vayer, honnête homme, philoso- • phe médiocre, mais qui, par sa médiocrité même, reflète bien Tespril moyen de la société, je veux dire ce scepticisme involontaire qui est comme une maladie intellectuelle, et qui, peut-être, vient surtout d'une certaine langueur morale. Là où il règne, manquent cette énergie, cette volonté, je dirais presque le parti pris qu'il faut aux hommes pour se faire des convictions, malgré toutes les raisons qu'il y a de ne s'en faire point. Lamothe-le-Vayer, l'admirateur juré de Sextus est bien le docteur de celte période. Ses « Dialogues d'Orasius Tubero » où toute sa philosophie est déjà contenue, et qu'il ne cessa de délayer plus tard, sont de 1632 ou de 1633, selon toutes les vraisemblances. Le succès en est alors tout naturel. Aussi bien, quoi de plus commode que ce laisseraller de la raison humaine, s'assoupissant à la pensée de sa propre faiblesse? Chacun s*en pouvait accommoder : les esprits forts n'étaient pas pour renier ce qui venait d'eux; la religion de son côté approuvait volontiers cette immolation volontaire d'une puissance dangereuse, souvent hostile. 11 y a plus : elle s'unissait au scepticisme libertin, et en faisait ainsi le scepticisme théologique, sans s'apercevoir du danger où elle s'exposait en donnant accès chez elle à un allié si compromettant. Ainsi donc, l'œuvre des libertins est plus générale encore que nous n'avions pu le prévoir. Ce qu'il faut leur attribuer, ce n'est pas seulement ce doute pratique sur des questions pratiques, qui ne portera ses fruits qu'au xviip siècle. A Tintérieur même du.xvii®, nous pouvons déjà mesurer leur action. Elle est visible dans le doute spéculatif, plus vite mûr que l'autre, et qui devait cesser plus tôt, parce qu'il deviendrait un obstacle à la marche nécessaire des idées, et parce que l'esprit (comme le disait bienMersenne^), finit toujours par

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