‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 79 sur 165 · Voir son historiette dans Tallemant · texte numérisé non relu

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2. II avait fait quelques vers dans sa jeunesse. En voici deux qui ont leur intérêt :

Hay les sectes de part, mais aime tous les hommes, Sans te réduire aux lois du climat où nous sommes.

On peut aussi consulter sur des Yvetaux les Mélanges d'histoires et de littérature. (Vigneul de Marville, t. I, page 189.)

3. Mot cité par Saint-Évremond,Le<<re au comte de Saint- Alban,

Voluptueux même en sa fin, Il sema de fleurs le chemin Qui le mena dans TËlysée...,

un Elysée où 1 on reçoit une compagnie assez mêlée. Des YvetauK y attendit sans doute ce fameux conseiller Desbarreaux qui, par une fortune singulière, doit à un beau sonnet fort dévot toute sa réputation posthume. Desbarreaux cependant était Foracle des libertins, le philosophe de la troupe, un terrible faiseur de conversions , s'il faut en croire Gui- Patin, c II a infecter de pauvres jeunes gens de son liberli** nage ; sa conversation était bien dangereuse et fort pestilente au public *. » Et Tallemant renchérit encore. < Il prêche Tathéisme partout où il se trouve ; et une fois il fut à Saint- Gloud chez la Du Ryer, passer la semaine sainte avec Mitton, grand joueur, Potel, conseiller au Châtelet, Raincy, Moreau et Picot, pour faire, disait-il, leur carnaval. » Gardons-nous cependant de prendre trop au sérieux de pareils témoignages, et de nous représenter Desbarreaux sous les traits d'un philosophe ', attaché à sa doctrine et la prêchant avec ardeur. Desbarreaux qui, disent les méchantes langues, croyait à Jésus-Christ quand il avait la fièvre, ne prêchait guère que la vie insouciante et voluptueuse. Fut-il athée comme on Ta dit? Le mot est bien gros. Il n'en voulait point à Dieu, il roubliait, et lui demandait la pareille. En guise de voyages philosophiques, il allait, en bonne compagnie, « écumer toutes les délices de France, c'est-à-dire se rendre en chaque lieu dans la saison de ce qu'il produisait de meilleur^ >. Vivant

1. Gui-Patin, lettre du 28 mai 1666. Et, le 18 juin : « Il n'a pas laissé de corrompre beaucoup de jeunes gens qui se sont laissé infaluer à ce libertin. » Voyez aussi Bayle, article Desbarreaux.

2. La note juste nous est fournie par Baillet qui, dans sa Vie de Descartes (tome II, page 116), cite Desbarreaux avec M. de Villarmoux et M. de Vitry, et les appelle des « gentilshommes », u amateurs de philosophie ».

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