‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 81 sur 165 · TaUemand. Voyez du reste toute son historiette · texte numérisé non relu

TaUemand. Voyez du reste toute son historiette

daloue parler de ces femmes « dont la société a fait pluli de libertias que les plus contagieuses écoles de ceux qui autre* fois ont tenu école du libertinage ^ ». Il faut demander à Mme de Sévigné combien « elle est dangereuse, cette Ninon » et < comme elle dogmatise sur la religion ^ ». Après tout, Taimable l'Enclos rendait aux esprits forts ce qu'elle avait reçu d'eux. Les Charleval, les d'Ëlbène, les Miossens avaient « fort contribué à la rendre libertine ^ ». À son tour, elle mettait toutes ses séductions au service de leur cause. Qui donc eût résisté à un pareil maître de philosophie? Et que pouvait-on trouver à lui répondre, quand elle vous disait qu'après tout, c les espérances prochaines valent bien autant que celles qu'on étend plus loin, et qu'elles sont plus sûres ^. » c Voici une belle morale, ajoutait-elle. Portez-vous bien. Voilà à quoi tout doit aboutir? » Les jeunes seigneurs allaient s'instruire chez elle, et y attendre le jour où l'on serait débarrassé des deux maîtres moroses qui gouvernaient la France. Ce jour ne tarda pas. Richelieu et Louis XIII disparus, vivo la reine et « la reine est si bonne! > C'est le temps, le joli temps de la bonne régence.

Temps où l£^ ville aassi bien que la cour Ne respirait que les jeux et Pamour.

Une politique indulgente De notre nature innocente Favorisait tous Les désirs :

Tout goût paraissait légitime;

1. Dominicale, cinquième dimanche après l'Epiphanie. Citons encore ces vers d'un ami de Ninon :

L'indulgente et ?age nature A formé r&me de Ninon De la volupté d^Épicure Et de la vertu de Caton. (?)

(Saint-Evremond.)

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