Orner Talon
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folle de tels et tels, malgré ce qui reste aux libertins, à défaut de conscience, c'est-à-dire le bon ton et, pour parler comme les sermonnaires, « l'honneur du monde », c'est cependant un triste speclacle que cette sorte d'épopée héroï-comique. La Rochefoucauld, qui la vit de près, nous en a montré les ressorts, et, depuis, passe pour avoir calomnié les hommes. Calomnia-t-il du moins cette société de beaux esprits gâtés? Je ne sais trop. Quoi qu'il en soit, rien n'est plus intéressant à étudier que le moment unique où la plupart des âmes se montrent au grand jour, et où on peut les examiner telles qu'elles sont en réalité, vides de principes assurés et de règles de conduite. Voilà ce qui couvait au fond du xvip siècle. On a vu le libertinage se découvrir à tous les yeux. On le verra maintenant disparaître et rentrer sous terre. Il n'en existera pas moins. Là où il a une fois pénétré, il prend racine et se développe en silence.
Dans l'odieux ou dans le ridicule, la Fronde vient d'avorter. Qu'en resle-t-il? « Le dégoût de l'action, l'horreur d'agir jamais *. » Les « beaux esprits > ont dû comprendre leur impuissance, et les esprits sérieux sentir l'inutilité de leurs efforts. Après l'agitation stérile, on se trouve las, on aspire au repos. Après les jours de licence, on reconnaît le besoin d'une autorité. La réaction commence, et, rapidement, s'impose à tous.
Un pamphlet qui paraît au lendemain de la Fronde c le Contrat de mariage du Parlement avec la ville de Paris > , porte entre autres articles « que les vices, les péchés, les scandales seront corrigés autant qu'il se pourra; que les athées, libertins et sacrilèges seront punis exemplairement et exterminés incessamment». Mais les gens avisés se tinrent la chose pour dite et s'arrangèrent pour ne donner à personne la peine de les exterminer. Douze ans plus tard, on pouvait