Lettre de Mme de Sévigné
Et la même année : « Corbineili me mande des merveilles de la bonne compagnie d'hommes qui se trouve chez MUe de L'Enclos. Elle rassemble tout sur ses vieux jours, les hommes et les femmes. »
3. Gomme il ressort d'une lettre de Chaulieu à la duchesse de fiouillon.
4. Année 1696. « Notre aimable L'Enclos a un rhume qui ne me plait point. » — « Notre pauvre L'Enclos a aussi une petite fièvre lente... et un mal de gorge qui inquiètent ses amis. »
5. Au sein même de la religion, le libertinage n'aurait-il pas alors trouvé moyen de se faire une place ? Une doctrine qui autorise la conscience à se taire en présence d'une opinion plus ou moins probable soutenue par un docteur autorisé — leprobabilisme, puisqu'il faut l'appeler par son nom, n'est-il pas comme un cas particulier de cet afTaissement moral? Et, dans les Provinciales aussi bien que dans les Pensées, ne serait-ce point toujours Vesprit libertin que Pascal a combattu ?
peclueux. L'esprit d*aulorité Ta emporté partout sur l'esprit (le licence; on s'est dit que c l'injure qui est faite à Dieu rejaillit sur la face des rois, qui ^ont ses lieutenants et ses images » ; et que < le trône des rois n'est affermi que par celui de Dieu * ». Il n'y aura donc plus, à proprement parler, « d'esprits forts », c'est-à-dire de gens qui sachent, sinon discuter, du moins affirmer leur doute. « Si j'ai connu les esprits forts! » s'écrie le maréchal d'Hocquincourt dans la fameuse conversation avec le père Ganaye. Et il a l'air de parler d'une race disparue '.
Un des derniers fut peut-être Cyrano de Bergerac, l'homme à la « burlesque audace », philosophe et matamore, poète avec des airs de bretteur, s'imposant de force comme élève à Gassendi, et retenant de ses leçons juste assez pour mêler étrangement la métaphysique à ses conceptions bizarres. Il prête à un habitant de la lune tout un système du monde à demi sérieux, et qui ne manque pas de grandeur ; il devance parfois, à force d'imagination, ce que dira cent ans plus tard un Diderot; il rêve ' < que la matière n'est qu'une, qui comme une excellente comédienne, joue ici-bas toutes sortes de personnages > ; il nous la montre « s'acheminant un million de fois au dessein de faire un homme » ; il pense que tous les êtres delà nature tendent au plus parfait, et « aspirent à devenir hommes ». Le philosophe sert ici le poète : il y arrive, malgré son siècle, à comprendre l'âme des choses, il écoute la voix des arbres, il nous traduit leur langage *. Et
f. Rochemont, Observations sur don Juan, déjà citées.
2. Saint-Évremond, Conversation du maréchal d'Hocquincourt et du père Canaye,