‹ OEuvres posthumes: essais et poèsiesChapitre 91 sur 165 · Id,j ibid,, art · texte numérisé non relu

Id,j ibid,, art

3^ Idi, ibid.f art. 6.

bouleverser de fond en comble, pour les tirer, coûte que coûte, de la tranquillité où elles se sont assoupies. C'est qu'il prévoit le grand écueil où peut échouer tout ce qu'il a entrepris , T indifférence paisible et satisfaite , Tinsouciance.

Si les libertins viennent dire à Pascal que la vie leur semble bonne comme elle est, et que, sans en savoir plus long, ils sont contents de leur sort, que lui reste-t-il à répondre? Voilà le péril : était-il imaginaire? Assurément non. Je n'en veux pour preuves que les efforts multipliés de Pascal pour faire sentir aux hommes toute l'horreur de leur condition, et surtoutses emportements contre les tièdes. Chaque fois qu'il songe à eux, il a peine à contenir son indignation, sa colère. « Celte négligence... m'irrite plus qu'elle ne m'attendrit; elle m'élonne, elle m'épouvante; c'est un monstre pour moi ^.. 9 < Celui qui doute et ne cherche pas est tout ensemble bien malheureux et bien injuste. Que s'il est avec cela tranquille et satisfait, qu'il en fasse profession, et enfin qu'il en fasse vanité, et que ce soit de cet état même qu'il fasse le sujet de sa joie et de sa vanité, je n'ai point de termes pour qualifier une si extravagante créature ^. » Tels sont malheureusement la plupart des beaux esprits du temps. Cette vanité dépravée, qui révolte si fort Pascal, était singulièrement commune. Il semble qu'il y ait alors quelque galanterie, non point à élaler son libertinage, mais du moins à le laisser deviner. < S'ils y pensaient sérieusement, ils verraient que cela est si mal pris, si contraire au bon sens, si opposé à V honnêteté, et si éloigné en toute manière de ce bon air qu'ils cherchent, qu'ils seraient plutôt capables de redresser que de corrompre ceux qui ont quelque inclination à les suivre '. > A qui parle ici Pascal? A ceux qui sont d'avis, comme

1» Pensées, édit. Havet, art. 9.

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