‹ Œuvres posthumes (volume 2)Chapitre 130 sur 148 · SOUVENIR A QUELQUES COLLABOR ATEURS · texte numérisé non relu

SOUVENIR A QUELQUES COLLABOR ATEURS

clone sans le secours de ces documents que j'ai écrit ce livre, et on comprendra qu'introduisant çà et là, de mémoire , les noms de ceux de mes auxiliaires dont le cordial concours m'avait le plus touché, j'aie commis des omissions dont je m'excuse auprès des intéressés, ou, s'ils ont disparu, auprès de leurs représentants. J'en répare une partie en donnant ici un souvenir à quelques-uns de ceux que j'ai vus de près à l'œuvre autour de moi , sous la direction du général Schmitz, dont j'ai fait connaître ailleurs les mérites, les grands services , et de son digne collaborateur, le général Foy, sous-chef d'état- major.

Le colonel d'état- major Ferri Pisani (aujourd'hui divisionnaire en retraite), alors qu'au commencement du siège l'emploi très difficile et surchargé de chef d'état-major de la garde nationale était refusé par tous les officiers supérieurs de l'armée à qui je l'offrais, acceptait sans hésitation cette ingrate mission. Il s'agissait de constituer, en décuplant les effectifs existants, la garde nationale du siège. A chaque instant aux prises avec ces foules tumultueuses, le colonel Ferri Pisani réussit, autant qu'il était possible, à les organiser, en faisant des preuves de compétence et de ferme dévouement que je ne puis oublier.

Le colonel Montagut (de la garde nationale), ancien officier d'artillerie, avait succédé dans l'emploi de chef d'étatmajor au colonel Ferri Pisani1. Républicain , mais homme d'ordre et homme de résolution autant que patriote éprouvé, il fut l'auxiliaire le plus sûr de l'infortuné général Clément Thomas, contribua fermement avec lui à la répression des désordres habituels à certains groupes de la garde nationale, forma les régiments de marche qui combattirent à

1 Promu général au cours du siège.

Buzenval, et fut sans bruit, ce qui n'était pas ordinaire, l'un des officiers les plus utiles et les plus méritants du siège.

Sa fin tragique devait attrister profondément les premières années de ma retraite. Il a disparu avec sa femme et son enfant dans le naufrage du transatlantique l'Europe, abordé de nuit en plein océan et coulé.

Le colonel du génie Usquin , dont la mort récente a excité d'universels regrets parmi les survivants de l'état-major du siège, était un homme considérable par la valeur des services rendus, par la dignité de son caractère et de sa vie. D'une instruction très variée et très étendue, il l'avait mise avec un zèle infini au service de tous les intérêts de la Défense qui exigeaient , avec des connaissances spéciales , l'habitude des grands travaux. Je garde fidèlement la mémoire de cet excellent serviteur du pays.

Le capitaine Lair, de la garde nationale (aujourd'hui directeur à Paris des magasins généraux), collaborait ordinairement avec le colonel Usquin, notamment pour le contrôle des ressources créées ou à créer dans le service des subsistances de la population, le plus important du siège. M. Lair est l'un des hommes les mieux doués, les plus capables., les plus dignes de confiance, avec qui les vicissitudes de la fin de ma carrière m'aient mis en contact. Je lui garde de vifs sentiments d'affection et de gratitude.

Le lieutenant- colonel de Lemud était un officier de mérite et de grand dévouement, très instruit , très modeste, à qui des aptitudes diverses promettaient un bel avenir. A mon vif chagrin, il est mort bien avant le temps, en pleine carrière, laissant son héritage militaire à un jeune officier de l'état-major du siège, de Langle de Cary, aujourd'hui chef de bataillon , sujet de la plus haute valeur,

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