‹ Œuvres posthumes (volume 2)Chapitre 132 sur 148 · SOUVENIR A QUELQUES COLLABORATEURS · texte numérisé non relu

SOUVENIR A QUELQUES COLLABORATEURS

sujet d'avenir, est aujourd'hui officier général. Les deux autres, qui avaient fait pour coopérer à la Défense nationale de libres et grands sacrifices de famille et de position, ne recevront pas, j'en suis sûr, sans quelque satisfaction, dans la retraite honorée où ils vivent, cette marque posthume de mon reconnaissant souvenir.

Le capitaine d'état-major Arthur Brunet, aujourd'hui lieutenant- colonel, et le capitaine de la garde nationale Richard Brunet, aujourd'hui chef d'un des services du département de l'intérieur, deux frères, étaient les fils de ce regretté général Brunet dont j'ai rappelé ici (Introduction) l'attristante et glorieuse fin devant Sébastopol. Tous deux, je l'ai dit, m'avaient été recommandés par leur père, marchant à une mort qu'il jugeait certaine, et autant que je l'avais pu, j'avais rempli ce mandat sacré qui fait comprendre que les terribles événements de 1870 aient trouvé ces frères étroitement associés à l'effort désespéré que je tentais.

L'un et l'autre étaient de jeunes hommes de grande valeur et de grand avenir. Mais, volontairement sorti du monde avec le principe arrêté de ne chercher jamais à y exercer le patronage , j'ai eu le chagrin de ne pouvoir contribuer au développement de leurs carrières, dont les progrès n'ont pas répondu à leurs mérites. Ils ne s'en sont pas émus , et ma retraite n'a pas d'amis plus fidèles. C'est moi qui suis aujourd'hui leur débiteur.

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