‹ Œuvres posthumes (volume 2)Chapitre 16 sur 148 · PARIS BASE D'OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

PARIS BASE D'OPÉRATIONS

<l généraux réunis en conseil, elle a eu leur unanime approa bation et les ordres pour l'exécution sont donnés ; mais « c'est à contre-cœur qu'on s'en va, qu'on laisse à l' ence nemi ces belles provinces. Et puis , des considérations « d'ordre politique, contraires à ces vues de retraite, préce valent à Paris et arrivent ici sous forme d'objections ce sérieuses. On hésite tout en agissant. ci Amitiés attristées.

ce Waubert. »

Paris base d'opérations défensives et offensives après nos premières défaites.

Par le récit qui précède et par les documents qui le complètent, j'ai montré le profond sentiment que j'avais du désastre auquel étaient exposés les cinq corps d'armée réunis autour de Metz. Ne suis-je pas fondé , après avoir fait cette preuve, à insister ici sur les avantages considérables, je pourrais dire uniques, qu'offrait la résolution que je recommandais d'adopter immédiatement, à titre de base d'opérations nouvelles , Paris et la région de Paris ? La douloureuse expérience qu'on venait de faire de l'écrasante supériorité numérique de l'ennemi, à présent doublée de tout l'ascendant moral que lui apportaient ses victoires , ne prouvait-elle pas jusqu'à l'évidence que partout où, entre Metz et Paris, les forces qui nous restaient tenteraient de l'arrêter, elles seraient débordées, tournées et fatalement dispersées?

Qu'on imagine, au contraire, l'armée de Metz venant s'établir sous Paris; l'armée désorganisée du maréchal de

Mac-Mahon venant s'y reconstituer à l'aide des inépuisables ressources en personnel de remplacement et en matériel qu'elle y aurait rencontrées ; le \ 2e corps , en préparation à Châlons , ralliant cet ensemble ; les détachements qui erraient actuellement par toute la France sans destination certaine , recevant l'ordre de se diriger sur Lille , sur Besançon, sur Tours, sur Lyon, où ils seraient entrés dans la composition des corps de réserve à former...

C'était en quatre jours la concentration autour de Paris d'une armée régulière de trois cent vingt mille combattants presque tous éprouvés, que les forces de l'ennemi, quelle que fût leur importance numérique, ne pouvaient dans aucun cas déborder, ni tourner; d'une armée postée au point de convergence de quatorze chemins de fer sillonnant la France dans toutes les directions et dont les lignes, dans un rayon de dix lieues à partir de Paris, sont assez rapprochées les unes des autres pour que tout corps porté en avant pour arrêter de front l'une des têtes de colonnes allemandes, eût toujours pu être appuyé latéralement par un ou par deux autres corps, les voies ferrées (transport de l'infanterie et d'une part du matériel) utilisées pour ces concentrations !

C'est ce que j'ai appelé la défensive-offensive de Paris. Elle eût été effectuée sur un incomparable échiquier, par de bonnes troupes non seulement assurées de leurs derrières, mais pouvant compter sur des efforts d'assistance incessamment renouvelés, par conséquent en confiance et soutenues par un moral excellent. Que n'aurait-on pas pu attendre, dans ces conditions de lutte privilégiée, des soldats qui firent à Reischofîen, à Borny, à Rezonville, à Saint-Privat, dans des conditions absolument contraires, les preuves dont tout le monde reconnaît que fut honorée leur défaite ?

Dans cette conception de la guerre défensive -offensive transportée autour de Paris, la capitale, centre de toutes

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