PSEUDO-POURPARLERS AMÉRICAINS
plusieurs langues, apte à toutes les missions qui veulent de l'esprit, de la présence d'esprit et du savoir-faire.
Je reçus deux fois le général Burnside et son compagnon. Gomme ils entendaient et parlaient très bien notre langue, je pus échanger facilement avec eux sur un sujet qui fut toujours le même, les conséquences de la guerre, la situation de Paris, l'avenir du siège, etc., M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères, s'étant réservé les échanges diplomatiques.
Gomme ils me répétaient que le comte de Bismarck croyait que la sédition populaire serait son plus sûr auxiliaire contre nous, je m'animai quelque peu en constatant que, toujours très courtois, ils n'exprimaient, soit au nom de leur pays, soit à titre personnnel, rien qui fût sympathique à la cause française et qui pût nous réconforter.
« Je ne sais, leur dis-je, quel avenir est réservé à mon « pays et à Paris dans cette guerre déplorable, mais soyez « sûrs que, pour nous réduire ici, l'émeute ne suffira pas, « il faudra y joindre la faim. »
J'avais les larmes aux yeux, je me levai, mettant fin à l'entretien qui me fatiguait, et je ne revis plus les officiers américains. Mais M. Jules Favre eut avec eux plusieurs conférences. Il gardait, vainement selon moi, l'espoir de renouveler auprès de M. de Bismarck sa patriotique tentative de Ferrières par l'intermédiaire de ces étrangers, bien qu'ils n'eussent ni qualité ni mandat pour intervenir.
toire, car il a pour principal objet de mettre en vive lumière, d'abord les mérites de Fauteur et la grandeur de son rôle , même de ses rôles , pendant le siège; ensuite les mérites des hommes dont il a eu à se louer, le général Montauban de Palikao, M. Routier, le général Schmitz, etc.; enfin les démérites de ceux dont il a eu à se plaindre, M. Jules Favre et quelques autres.
C'est, comme toutes les publications de ce temps, V histoire autour des personnes et des intérêts. Ce n'est pas V histoire autour des faits et de leurs enseignements.
Je restai complètement en dehors de ces pourparlers qui eurent pour effet le départ des Américains pour le quartier général allemand, et leur retour à Paris où ils apportaient, non des propositions , mais l'avis verbal qu'ils avaient trouvé le comte de Bismarck disposé à consentir un demi-armistice pour la préparation des élections, un armistice de quarantehuit heures pour les élections, l'Alsace et la Lorraine exceptées 4.
Les bases principales de l'arrangement à intervenir s'offraient au gouvernement de la Défense, avant la défense, comme une insultante raillerie. Que peut bien être un demiarmistice ? Une suspension d'hostilités, je pense, au cours de laquelle, arbitrairement, les contractants peuvent reprendre ou ne pas reprendre les armes, au gré de leurs intérêts du moment.
L'ensemble de ces conditions apportait à la France l'avantage problématique de la réunion d'une Assemblée qui se formerait et délibérerait au milieu des menaces et des calamités de l'invasion, à l'ennemi l'avantage certain de son installation dans le pays sans avoir rien à craindre de l'armée de Metz , de l'armée de Paris , des armées qui pourraient se constituer dans les provinces non envahies, et c'était l'acceptation tacite par la France de la mainmise de l'Allemagne sur l'Alsace -Lorraine !
1 Nouvelle preuve, qui s'ajoute à celles que j'ai déjà données, de l'absolue résolution de la Prusse de se saisir de nos provinces de nordest avant l'effort de la Défense nationale. C'est seulement à la reddition de Paris que les Allemands, désormais assurés de leur conquête, ont consenti le vote des Alsaciens-Lorrains pour l'Assemblée nationale.